
Albert Lurie a un profil qui sort de l’ordinaire des champions de France en 1919. Il est nettement plus âgé, 38 ans, est devenu professionnel sur le tard et a une carrière très brève (1912-1921).
Retrouver son parcours n’a pas été simple : il dispose de peu de pages internet s’intéressant à lui et le seul proposant une date de naissance donne une mauvaise information (1892 ! ). Heureusement, Albert Lurie a passé toute sa vie en Gironde, ce qui a aidé à en savoir plus.
Malgré une fiche matricule bien fournie, le parcours militaire est peu précis pour ce boxeur dont le poids oscille entre 80 et 85 kg.

Scieur de profession, Albert Lurie fait son service au 28e BCP. Il n’y reste qu’un an, étant dispensé article 21 son frère Pierre Maurice (classe 1899) étant déjà au service. Il fait ensuite ses deux périodes d’exercices au 6e RI, proche de son domicile, la première en 1909 et la seconde en 1910. C’est comme champion de France des poids lourds qu’il est mobilisé en août 1914. Il est affecté à la 18e Section d’Infirmiers Militaires (SIM). L’étape connue suivante est son détachement dans une usine. Qu’a-t-il fait entre août 1914 et décembre 1915 ? Une photographie pourrait nous aider. Elle montre Lurie dans la zone des armées, ce qui est confirmé par une mention fantomatique sur sa fiche matricule, « Armée cd ». Il pourrait donc avoir été infirmier dans la zone des armées, rattaché à une division ou une brigade.


Il aurait participé à une exhibition de boxe au front et aurait été affecté au 212e RI, mais rien ne permet de corroborer cette affirmation trouvée ici « En 1915, il était soldat au 212e régiment d’infanterie (de Tarbes). » La seule certitude est que cette photographie, si l’on arrive à identifier Lurie avec certitude (debout à gauche ou en-dessous, sachant qu’il ne portait pas la moustache en 1914), est qu’il était à l’arrière du front.
La raison de son départ de la zone des armées est inconnue. Il est en tout cas détaché dès le 20 décembre 1915 à l’usine Dyle Bacalan puis à l’usine Borrel de Toulouse en juin 1918. Sa fiche matricule indique des affectations aux 58e puis au 23e RA avant un passage au 11e RI et un retour au 58e RA. Il ne faut pas y voir des passages effectifs dans le régiment, mais juste qu’il est toujours mobilisé, détaché et géré administrativement par un de ces régiments.
Il est démobilisé le 28 février 1919.
Dès 1917, son statut lui permet de reprendre l’entraînement et les combats, d’autant plus que l’équipe du Wonderland bordelais est très actif à l’époque. Il combat plusieurs fois pour des œuvres de guerre et 5 fois professionnellement avant l’Armistice. Une fois la paix revenue, ses performances sont très en retrait : 11 matchs et seulement 2 victoires. Il perd son titre face à Marcel Nilles le 8 juin 1919.
Il met fin à sa carrière en octobre 1922. Il est veuf en 1925 et s’éteint le 16 septembre 1951 à l’âge de 69 ans, toujours à Bordeaux.
- Sources :
Sa carrière pugilistique : https://boxerlist.com/boxer/albert-lurie/26739
Gallica :
Photographie portrait en 1913 : Rol, 32548
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6927010z
Photographie en position de combat en 1913 : Rol 32546
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6927008w
Portrait en uniforme : Le Miroir, 11 avril 1915
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522803k
Photographie dans la zone des armées en 1915 : Varia – Histoire & Généalogie: Ravitaillement de viande à Agincourt (29.10.1915)
Archives départementales de Gironde
1 R 1167 : fiche matricule de Lurie Albert, classe 1901, matricule 1145 au bureau de recrutement de Bordeaux.
https://archives.gironde.fr/ark:/25651/vtabcc574c333359ae1/daoloc/0/1
1 R 1148 : fiche matricule de Lurie Pierre Maurice, classe 1899, matricule 1738 au bureau de recrutement de Bordeaux.
https://archives.gironde.fr/ark:/25651/vtab8b6c2a744c5185e/daogrp/0/1
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