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7. La courte vie commune de Jules Gauthier et Jeanne Dodet

  • Une bien courte vie commune

    Noté cultivateur dans son acte de mariage, le statut de Jules au moment de son mariage n’est en fait pas très clair. C’est dans le registre des candidatures aux emplois du bureau de l’octroi de Chartres qu’apparaît une information inédite mais hélas non recoupée : il est noté que Jules est « Ancien militaire, mouleur à la fonderie Brault ». On apprend également qu’il réside déjà rue Muret au numéro 26, à Chartres. Si l’on suit scrupuleusement les informations disponibles, il aurait quitté la ferme de ses parents juste après son mariage et, tout en travaillant à l’usine Brault, aurait fait sa demande pour intégrer l’octroi. Il n’est hélas pas possible pour l’instant de confirmer cette chronologie faute d’autres documents.

    Ce qui est certain, c’est que, à peine marié, il fit une demande écrite afin d’intégrer l’administration de l’octroi à Chartres. Arrivée le 29 avril 1913, sa demande le fit convoquer pour un examen. Il dut écrire une dictée extraite d’un règlement de service, poser une addition, une soustraction, une division, une multiplication et répondre à un problème. Si certaines copies ont été conservées dans les archives, ce ne fut pas le cas de celle Jules, probablement parce qu’une fois l’enquête de moralité faite et sa candidature validée par la commission, il fut nommé surnuméraire au bureau d’octroi de Chartres pour un traitement de 1250 francs par an.

    Il entre en fonction le 22 mai 1913 et prend le service le 24. Dernière étape, il prête serment le 28 mai 1913. Impossible de savoir en quoi consistait exactement son travail et où il opérait. Un surnuméraire est un « employé d’administration qui travaille sans appointements, jusqu’à ce qu’on l’admette en titre » (Larousse illustré, vers 1908, page 959). Un tableau établit le 2 février 1914 indique qu’il n’a mis aucune amende, mais qu’il a contribué à hauteur de 14,20 francs pour des taxations et de 41 francs au niveau des contributions.

    Il semble s’être rapidement intégré. En effet, il participe à l’assemblée générale de l’Association de l’Amicale de l’Octroi de Chartres le 3 janvier 1914. De 21h30 à 23h30, les présents parmi les 28 membres, en plus de payer leur cotisation, se mettent d’accord autour d’un texte réclamant notamment une augmentation des traitements de 50 francs par an et 10 jours de permission par an au lieu de 6.

    La fiche matricule nous donne une information complémentaire : Jules est noté comme locataire rue Muret, ce que l’on sait déjà, mais au 64 chez madame veuve Toussaint à la date du 10 juillet 1913. A-t-il déménagé dans la même rue ? Un des documents indique-t-il un numéro erroné ? Une fois encore, difficile de le savoir en l’état actuel des sources disponibles.

    Difficile de dire quand Jules et Jeanne quittèrent Beaurepaire. Quoi qu’il en soit, le contact ne fut pas perdu avec ses parents. La fête pour le mariage et la nuit de noces eurent lieu à Beaurepaire. De même, ils passèrent Noël 1913 ensemble à Beaurepaire en compagnie de la famille Dézelus (une famille de bourreliers) dont le fils Stéphane était un ami de Jules. Ce repas fut bien arrosé et ce n’est pas sans un sourire que la fille aînée de Jules, Gilberte, faisait remarquer qu’elle naquit 9 mois plus tard. Ceci explique peut-être cela…

    La vie à deux fut courte pour Jules et Jeanne : elle dura à peine un an. En effet, laissant sa jeune femme enceinte, du 1er au 23 juillet 1914, Jules fut appelé pour sa première période d’exercices en tant que réserviste. Il fut affecté à la 4e section de secrétaires d’état-major, la plus proche de son domicile. Cette section se trouvant au Mans, c’est certainement dans cette ville qu’il se rendit. Pour l’année 1914, il n’était prévu que la convocation échelonnée de 23 secrétaires réservistes pour leur première période d’exercices (AD61 – R 306/1). 23 secrétaires sur les 9378 hommes convoqués pour leur premier appel en 1914.

    Quoi qu’il en soit, les retrouvailles des jeunes mariés furent très brèves après son retour du Mans. Rentré le 23 ou 24 juillet à Chartres, Jules repartit le 2 août 1914. L’a-t-il imaginé au moment de son retour de sa période d’exercices en lisant les journaux qui évoquent la montée des tensions diplomatiques ?
Quoi qu’il en soit, la mobilisation générale proclamée le premier août le rappela sous l’uniforme qu’il venait à peine de quitter.

Suite – 8. La mobilisation.

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  • Sources :

Archives départementales de l’Orne, R 306/1
Archives municipales de Chartres, Lb2 96, Lb2 97, Lb2 NC1, Lb2 NC2.

Publication de la page : 1er juillet 2014 – dernière mise à jour : 13 octobre 2019

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