Aller au contenu

Georges Bernard, poids moyen, aviateur foudroyé en 1917

Ce jeune boxeur poids moyen aurait dû être dans la galerie à la place de Billy Balzac. Mais, ce n’est pas juste pour la figure de style qu’on peut écrire que la guerre a foudroyé sa carrière. En effet, il se tue en 1917 au manche de son avion.

Sa carrière commença en 1909 et fut très dense. En effet, son dernier match remporté le 23 juin 1914, était déjà le 66e de sa carrière.

Sa carrière militaire fut inhabituelle. Il fut ajourné par le conseil de révision en raison d’une ectopie (sans précision de l’organe concerné : rein ? Testicule ?). Cependant, la commission de réforme de Melun le passa comme « bon pour le service armé » le 29 août 1914.

Affecté au 59e RI de Foix, il arriva à ce dépôt le 20 septembre 1914. Il fut transféré au 83e RI le 24 octobre 1914 et y obtint ses galons de caporal le 21 novembre. Sans qu’il soit possible de dire s’il fut envoyé dans la zone des armées avant, il fut classé service auxiliaire le 9 juillet 1915 par la commission de réforme de Saint-Gaudens pour « Rein flottant », sans qu’il ne soit fait mention de l’ectopie.

Il fut envoyé dans l’aviation, au 2e groupe d’aviation le 6 octobre 1915. La commission de réforme de Bordeaux du 28 janvier 1916 le repassa dans le service armé, sans qu’il soit possible de confirmer ce que la presse affirme : cela aurait été à sa demande. Par contre, cela pourrait confirmer des problèmes de santé récurrents pendant cette période, toujours d’après la presse.

Il passa le 18 janvier 1916 au 3e groupe d’aviation et il fut détaché comme élève pilote au 1er groupe d’aviation le 29 avril 1916. Il débuta ses cours à Dijon en mai 1916. Il continua avec les cours de l’école d’aviation de Buc fin juin puis par ceux de l’école de tir aérien de Cazaux début novembre. Il rejoignit enfin l’école d’aviation de Pau le 30 novembre 1916. C’est lors d’un entraînement d’acrobatie aérienne qu’il décéda.

Le samedi 20 janvier 1917, vers 15h30, il commença son vol mais vers 1100 mètres, il réalisa un virage à la verticale qui partit en vrille. Après une série de 13 ou 14 vrilles, il sembla récupérer son appareil, mais les vrilles reprirent et l’avion s’écrasa au sol.

Avait-il perdu connaissance en raison d’une mauvaise forme comme le suppose un témoin de l’accident (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7228468w/f14.item) ? Quoi qu’il en soit, la mort du sportif fit rapidement la Une de la presse, même la couverture du Sporting dès le 24 janvier 1917 :

Sporting n°119, 24 janvier 1917.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7228467g

Au cours d’une permission à Paris, il avait fait un dernier match d’exhibition contre le boxeur américain Bob Scanlon le 29 décembre 1916 pour une soirée organisée par le National Sporting Club Français.

  • Sources :

Sa carrière pugilistique : https://boxerlist.com/boxer/georges-bernard/50036

Gallica :

Portrait en 1914 : Agence Meurisse MEU 46389-53069
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90430611

L’Auto du 21 janvier 1917 revient sur sa mort et sa carrière
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46307526/f1.item

Sporting du 24 janvier 1917 lui consacre la couverture et une page complète.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7228467g

Archives départementales de Haute-Garonne

11 R 397 : fiche matricule de Bessan Bernard, classe 1914, matricule 1138 au bureau de recrutement de Saint-Gaudens.
https://archives.haute-garonne.fr/ark:/44805/vta07187f841ffc8062/daoloc/0/1


Revenir à la liste des biographies de boxeurs dans la Grande Guerre

Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *