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Pierre Recobre : histoire et mémoire d’un ancien combattant

Le souvenir du poilu Recobre

Pourquoi s’intéresser à ce poilu en particulier ? C’est qu’il a laissé une trace spéciale dans la mémoire du premier conflit mondial, laissant un souvenir marquant 40 ans après sa mort. Il est devenu aux yeux de certains, dans les réseaux sociaux en particulier, l’incarnation du héros de la Première Guerre mondiale. La raison de cette célébrité est l’habitude qu’avait prise Pierre Recobre de porter un uniforme lors de ses sorties publiques en relation avec les commémorations. Sa photographie est régulièrement reprise et il fait toujours l’objet de petites publications, particulièrement outre-Atlantique où ce Français munit de son placard de médailles interpelle peut être, contredisant l’image d’une France décrite comme « nulle à la guerre » sur les forums de discussion par exemple, même si la réalité est plus nuancée comme l’atteste cet article du Washington Examiner1 de 2016 reprenant une « vieille blague » « for sale–French rifle, never fired and only dropped once. »

L’objectif est de présenter le parcours militaire mais surtout mémoriel de ce combattant pour lequel nous disposons de beaucoup d’informations depuis la mise en ligne de la Grande Collecte par les Archives départementales du Cantal ainsi que sur le fonds exceptionnel des photographies du journal local « La Montagne »2. Une occasion unique d’observer l’évolution du personnage, du regard porté sur lui et d’essayer de comprendre ce qu’il incarnait dans la mémoire complexe qu’il incarnait à la fin de sa vie et celle qu’il incarne aujourd’hui.

  • Un poilu comme les autres, un acteur de la mémoire particulier

Le parcours de Pierre Recobre n’est pas différent de celui des autres conscrits de son époque. Il effectue d’abord un service actif au 139e RI du 1er octobre 1910 au 25 septembre 1912. Ensuite, il y a la mobilisation en 1914. Il est affecté à la 2e compagnie du 139e RI jusqu’à sa blessure par éclat d’obus à la jambe gauche le 10 avril 1915 dans le secteur de Tilloloy. Il quitte le front jusqu’au 24 septembre 1915. Suite à sa convalescence, du dépôt il est envoyé non au 139e RI mais à son régiment de réserve, le 339e RI. Il ne change plus de régiment jusqu’à sa dissolution en 1919. Il est affecté d’abord à la 18e compagnie jusqu’en août 1916, puis à la 17e avant de rejoindre la 5e compagnie de mitrailleuses le 16 juin 1917.

Figure 1 : AD15, 43 NUM 83/21.
Extrait d’une photographie prise après septembre 1915.

Il perd son beau-frère le 2 novembre 1918. Il passe au 22e RI d’avril 1919 jusqu’à sa démobilisation le 8 août 1919. Il rentre chez lui avec une légère invalidité et trois citations : une à l’ordre du 139e RI et deux à l’ordre de la division, toutes pour son courage et son dévouement comme brancardier.

Commence alors sa vie civile : il se marie dès 1919 et entre comme cantonnier dans une compagnie de chemin de fer.

On trouve trace de Pierre Recobre, cantonnier principal, à partir de 1929 dans la revue syndicale « Le cheminot du P.O. ». En effet, il se présente aux élections syndicales comme délégué titulaire de l’arrondissement de Toulouse. Il est au service de la voie dans le canton d’Aurillac. Elu, on retrouve Pierre Recobre dans différents numéros3. Par exemple, en avril 1931 :

« Aurillac
Le camarade Recobre, délégué de la 21e catégorie, auprès du chef de service régional, informe tous les camarades appartenant à cette catégorie, que, conformément à l’article 9 du titre II du statut du personnel, la conférence trimestrielle a lieu tous les trois mois au siège de l’arrondissement.
Ceux qui auraient des réclamations à formuler, sont invités à les faire parvenir à temps voulu aux camarades : Recobre, cantonnier principal, à Aurillac ; ou Iché, cantonnier, à Lenos, qui se feront un devoir de les faire examiner et aboutir, si possible.
En outre, nous ne saurions trop insister à ce que chacun de nous invite les camarades isolés, à rallier l’organisation confédérée, seule capable de défendre leur cause et de leur apporter plus de bien-être. »

Il se représente pour les élections du personnel du 11 mai 1932 et est réélu. Dégagé de ses obligations militaires en octobre 1938, sa participation au second conflit mondial n’est connue que par quelques allusions à des faits de résistance. Son épouse décède en 1945 et il se remarie en 1953.

En 1947, il fait valoir ses droits à la retraite. Ensuite, si on dispose de quelques informations, on constate qu’elles sont imprécises. Il s’installe à une date inconnue dans la commune de Giou-de-Mamou. Il participe également à la vie associative des anciens combattants en adhérant à la 914e section des médaillés militaires à Aurillac. Il est porte-drapeau, fonction qui va le mettre devant l’objectif des photographes du journal local, La Montagne, et qui va participer à sa célébrité numérique future.

  • Un incontournable des cérémonies commémoratives

À mesure que le temps passe, Pierre Recobre devient un incontournable des cérémonies officielles. Il participe comme porte-drapeau à celles du 8 mai, du 18 juin, du 14 juillet, du 11 novembre et lors de remises de décorations à d’autres dates.

Le fonds des négatifs du journal La Montagne remonte à 19554. Difficile de trouver des clichés de Pierre Recobre avant le milieu des années 1960. Il y a deux raisons à cela : s’il est présent, je n’ai pas réussi à le repérer car il n’a pas encore le physique qu’on lui connaît si bien et les photographes successifs ont une manière très stéréotypée d’immortaliser les cérémonies. Il faut montrer le public nombreux et les personnalités (politiques et préfet en particulier). Ainsi, l’angle de la prise de vue est toujours le même, ne laissant voir que quelques porte-drapeaux (voire figure 3). Il arrive alors qu’on aperçoive quelques drapeaux et leurs porteurs ; suivant sa place, c’est là qu’on peut discerner Pierre Recobre. On le trouve avec certitude pour la première fois sur une photographie le 11 novembre 1965 à la cérémonie à la gare puis le 11 novembre 1967 à la dépose des gerbes au monument aux morts. Dans tous les cas, quand la commune n’est pas précisée, c’est qu’il s’agit d’Aurillac, préfecture du Cantal.

Figure 2 : 11 novembre 1965. Cérémonies du 11 novembre à Aurillac : la minute de silence à la gare.
Source : AD15, 31 NUM 12336
Figure 3 : 18 juin 1967. Commémoration de l’appel du 18 juin 1940 à Aurillac : les personnalités déposent une gerbe au monument aux morts. Source : AD15, 31 NUM 14750

À partir de cette date, les clichés où Pierre Recobre apparaît sont de plus en plus nombreux.

  • Un ancien combattant très photographié

Avant d’être un des poilus les plus connus sur internet, il a été très médiatisé au sens de l’avant internet. Les médias anciens, presse, radio et télévision avaient là un personnage haut en couleur. Les archives photographiques du journal « La Montagne » aident à mieux observer le personnage au cours des années. Étonnement, il est totalement absent des clichés avant 1964.

Figure 4 : Nombre de photographies trouvées dans les photographies du journal « La Montagne ».

Pierre Recobre apparaît 37 fois dans les archives du journal La Montagne. Il faut préciser qu’il s’agit exclusivement de clichés dans le cadre de sa casquette d’ancien combattant et de médaillé. S’il y a surtout des photographies prises à l’occasion des cérémonies, on le voit aussi lors de réceptions ou de remises de décorations, lors d’un banquet ou d’une réunion de sa section de médaillés militaires.

Figure 5 : 11 décembre 1967. Réunion de la 914e section des médaillés militaires à Aurillac : les convives et M. Baduel, président. Pierre Recobre est le troisième en partant du fond. Source : AD15, 31 NUM 15721
Figure 6  : 5 décembre 1976. Réunion des membres de la 914e section des médaillés militaires à Aurillac : M. Siroty nouveau président des médaillés militaires ; l’assistance parmi laquelle on reconnaît M. Pierre Recobre.
Source : AD15, 31 NUM 49225

Toutefois, il n’est pas seulement porte-drapeau : il est célèbre car il vient aux cérémonies dans son uniforme, bardé de médailles, ce qui va faire sa célébrité.

  • La naissance du personnage

Les photographies avec Pierre Recobre montrent qu’il y eut un avant et un après le port de l’uniforme. Le port de son uniforme lors d’une cérémonie est attesté par une photographie du 8 mai 1969. Auparavant, il est systématiquement visible en costume civil. Les clichés donnent l’impression qu’il le porte d’abord essentiellement pour les cérémonies du 11 novembre avant d’élargir son port à toutes, y compris pour des manœuvres militaires. Après le 14 juillet 1970, il n’apparaît plus jamais aux cérémonies sur les photographies sans son uniforme.

Figure 7 : 14 juillet 1970. Cérémonie du 14 juillet à Aurillac : les drapeaux des associations patriotiques place de l’Hôtel de ville. Source : AD15, 31 NUM 23262

Ces constats ne peuvent établir une règle. En effet, c’est sans compter sur le biais de la source. Le photographe ne prit pas Pierre Recobre tous les ans et il se peut qu’il ait porté son costume civil en bien des occasions après 1970 sans avoir été immortalisé sur la pellicule.

Comment expliquer ce choix de porter l’uniforme, qu’il fut progressif ou non ? Avant toute chose, il n’est pas le premier à se présenter autrement qu’en costume civil à Aurillac. Les archives photographiques possèdent deux clichés d’un ancien déporté venu dans sa tenue le 26 avril 1965.

Figure 8 : 26 avril 1965. Hommage des Aurillacois aux victimes de la déportation n’étant jamais revenues à Aurillac. M. Maurice Paraf, préfet, salue un ancien de Buchenwald en tenue de captivité.
Source : AD15, 31 NUM 11639

Ensuite, Pierre Recobre participa en 1967 en tenue militaire à un pèlerinage à Verdun qui fit l’objet d’un cliché, en compagnie d’un camarade également vêtu en bleu horizon.

Figure 9 : 17 septembre 1967. Des poilus cantaliens à Verdun : M. Pierre Recobre et M. Célestin Claux au départ d’Aurillac pour l’inauguration du mémorial de Fleury-devant-Douaumont près de Verdun.
Source : AD15, 31 NUM 15246

Un cliché de 1968 le montre, toujours en compagnie de Célestin Claux à nouveau à Verdun.

Figure 10 : AD15, 43 NUM 83/28.

Impossible d’avoir des certitudes, mais le visionnage des clichés marque des étapes, confirmées par les autres clichés disponibles.

  • Une figure iconique des anciens combattants

Ce titre n’est pas exagéré. La nécrologie réalisée par le journal La Montagne5 ne dit pas autre chose quand elle écrit : « Avec la disparition de Pierre Recobre, la communauté des anciens combattants (et plus particulièrement ceux de la Grande Guerre) perd l’un de ses membres les plus représentatifs et l’une de ses figures les plus typiques ». Il a marqué les esprits, « Qui ne se souvient pas de ce poilu casqué en capote bleu horizon, la poitrine couverte de médailles ? »

Sa « célébrité » va croissante à partir d’un cliché de 1970 : le photographe réalise un cliché spécifiquement sur Pierre Recobre salué par un général de division.

Figure 11 : 6 mars 1970. M. Pierre Recobre, vétéran de la guerre 1914-1918, en uniforme.
Source : AD15, 31 NUM 22174

Auparavant, il était toujours visible dans des groupes, sans être individualisé ainsi. On note par ailleurs la présence d’une caméra en haut à gauche du cliché. C’est le début d’un peu plus d’une décennie de mise en avant par les médias. Sa nécrologie indique ainsi : « Il avait d’ailleurs fait l’objet de nombreux reportages télévisés, radiophoniques ou de l’ensemble de la presse ».

Il n’est pourtant encore qu’un ancien combattant parmi les autres et même s’ils sont de moins en moins nombreux, comment expliquer cet intérêt ?

L’explication qui vient tout de suite à l’esprit est qu’il est le seul à se démarquer en venant aux cérémonies en uniforme. Il incarne la Grande Guerre. La presse et les lecteurs apprécient ces personnalités symboliques. Il a également cette bonhommie que n’ont pas nombre de personnes de son âge. Cette photographie de décorés à l’occasion du 14 juillet 1970 illustre ce contraste quand on compare au cliché précédent.

Figure 12 : 14 juillet 1970. Fête du 14 juillet à Mauriac : le peloton de gendarmerie rend les honneurs ; les décorés : M. Picard, M. Monboisset, M. Peuch, M. Brousse, M. Plantade. Source : AD15, 31 NUM 232.
  • Un acteur de la mémoire combattante

Outre sa présence lors des cérémonies à Aurillac, on trouve trace de la participation de Pierre Recobre à des manifestations mémorielles à différentes échelles, du local au national. D’ailleurs un article de presse rédigé en 1981 note : « Pierre Recobre – image même du valeureux poilu de 14-18 – est une figure sympathiquement connue dans sa commune de Giou-de-Mamou mais aussi à Aurillac, dans la région et même dans tout « l’hexagone » à la suite de nombreux articles de presse et plusieurs passages sur le petit écran après des manifestations à l’Arc de Triomphe, aux Invalides, à Douaumont, etc. »6

Figure 13 : 11 novembre 1968. Cérémonie du 11 novembre à Giou-de-Mamou : les personnalités devant le monument aux morts. Source : AD15, 31 NUM 18678.

Il fut un acteur local actif dans la mémoire du conflit, lors de cérémonies à Aurillac on vient de le voir, mais aussi dans sa commune de Giou-de-Mamou. Dépose de gerbe, décoration sont deux moments photographiés par un envoyé de La Montagne.

Figure 14 : 11 novembre 1978. Cérémonie du 11 novembre à Giou-de-Mamou.
Source : AD15, 31 NUM 54946.

Au niveau national, on a plusieurs exemples des cérémonies auxquelles il a participé, sans qu’il soit possible d’illustrer tous ceux listés par le journal. On l’a vu dans une précédente image partant pour l’inauguration du Mémorial de Verdun en 1967. Un texte dactylographié à son retour de Verdun en 1966 semble montrer sa participation au cinquantenaire7. En 1976, il a l’honneur d’apparaître deux fois dans une brochure réalisée par le Secrétariat d’État aux anciens combattants pour le soixantième anniversaire de la bataille de Verdun8.

Figure 15 : AD15, 43 NUM 83/40.
Figure 16 : AD15, 43 NUM 83/40.

Ce n’est pas le premier Président (ou futur Président) de la république auquel il serre la main. Sur une photographie non datée et non localisée, il est salué par Georges Pompidou.

Figure 17 : AD15, 43 NUM 83/40.

Il retourne à de nombreuses reprises à Verdun, peut être même de manière annuelle comme pour d’autres destinations. En 1978, il est photographié devant le fort de Vaux.

Figure 18 : AD15, 43 NUM 83/31.

En dehors du Cantal, Pierre Recobre n’avait pas pour unique destination Verdun. On dispose de photographies le montrant en Champagne en juillet 1974 avec des Italiens et en 1981, à Sommepy-Tahure.

Figure 19 : AD15, 43 NUM 83/29. (1974)
Figure 20 : 43 NUM 83/40.
Figure 21 : AD15, 43 NUM 83/36. (1981)

En 1980, il est aux Invalides à Paris dont on reconnaît les grilles sur le cliché ci-dessous et sous l’Arc de Triomphe en compagnie d’autres anciens combattants :

Figure 22 : AD15, 43 NUM 83/40. Aux Invalides.
Figure 23 : AD15, 43 NUM 83/32. Sous l’Arc de Triomphe.

Son activité mémorielle l’emmène jusqu’en Italie en 1968 comme l’attestent plusieurs photographies dont celle-ci prise au sanctuaire militaire d’Asiago.

Figure 24 : AD15, 43 NUM 83/27.

Impossible de retracer son activité mémorielle, qu’elle soit comme ancien combattant ou comme retraité/syndiqué. On dispose juste des indices laissés par quelques coupures de presse. On découvre sa participation aux commémorations pour les combats du Vercors en 1970 par un article de presse.

Figure 25 : AD15, 43 NUM 83/40, vue 6.
  • Pierre Recobre, Verdun et Pétain

Pierre Recobre admirait Pétain et participa au moins à une commémoration sur l’île d’Yeu lors du 25e anniversaire de la mort de Pétain. Peut-être fut-il adhérent de l’association ANPV (Association Nationale Pétain-Verdun) qui militait pour la réhabilitation de Pétain.

Le sujet est brûlant à l’époque déjà. Un article de presse présent dans les archives numérisées9 mentionne la présence de néo-nazis et d’anciens miliciens ; les discours sont réalisés par d’anciens collaborateurs notoires, membres du gouvernement de Vichy voire de la LVF lors de ce 25e anniversaire. Toutefois, le rejet de ces idées par Pierre Recobre ne fait pas le moindre doute. Il écrit à deux reprises10, en 1978 et 1979, au président de l’ANPV afin qu’aucun amalgame ne soit fait entre le vainqueur de Verdun et le chef du gouvernement de Vichy. Pour Pierre Recobre, le général Pétain est le commandant de la 2e Armée et le vainqueur de la bataille. Il vénère le général vainqueur de Verdun, point. C’est la raison de sa participation en 1976 aux commémorations du 25e anniversaire de la mort de Pétain.

Figure 26 : AD15, 43 NUM 83/42.

Dans sa lettre de 1979, il précise « j’ai sa photo à la place d’honneur du général Pétain, mais en temps que chef d’État je ne le connais pas. » D’ailleurs, il ne s’en cache pas. Dans les deux pages de Paris Match consacrées à Pierre Recobre en 197611, une des photographies le montre devant ce portrait de Pétain à son domicile. Il demande le rapatriement des cendres de Pétain à Douaumont. Il explique que c’est « affaibli par l’âge » qu’il devient le maréchal de 1940, reprenant un argumentaire remis en question uniquement à partir des années 1970 avec les travaux de l’historien Robert Paxton publiés en France en 1973.

Dans les deux écrits de Pierre Recobre au président de l’ANPV, il semble ne pas se retrouver dans les discours et le cérémonial auquel il assiste. Il exprime son rejet de la politique de Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Il note avoir été agent de liaison pour la résistance rail et refuse le chant « Maréchal, nous voilà » afin qu’il ne soit pas chanté lors de la cérémonie de l’île d’Yeu car c’est « un refrain de la Milice ». Il précise en fin de lettre « Attention aux néo-nazis et fascistes » et l’année suivante « Rappelez-vous Oradour-sur-Glane, femmes, enfants brûlés dans l’église, les chambres à gaz, les exterminations, les fusillés que nous avons eus à Aurillac, Murat, Tulle, Clavières, Mont Mouchet etc. ».

Ses lettres donnent le sentiment que Pierre Recobre avait une vision assez naïve face à des associations politisées et très liées à la France de Vichy.

  • Un placard de médailles

Son placard de médaille ne cesse d’impressionner, ce qui fait écrire à certains qu’il fut l’un des poilus les plus médaillés ou à d’autres qu’il « personnifiait la place du premier conflit mondial dans la mémoire collective et familiale du XXème siècle. » 12

Figure 27 : AD15, 7 NUM 38.

Le nombre de médailles obtenues au cours de sa vie ne sort pas d’un décompte approximatif. Le décompte est proposé par la presse locale mais aussi par des documents divers. En 1981, la presse indique qu’il obtient sa 41e médaille. Ce n’est pas tant ce 41 qui pose problème : entre médailles militaires, médailles civiles et médailles commémoratives, on arrive à la liste avec assez de précision. Le problème vient de l’interprétation qu’on en fait. Entre Paris-Match qui parle de « 37 citations » en 1976 et l’idée qu’il est « l’un des soldats les plus médaillés », les mauvaises interprétations de ce total ont la vie belle.

Il ne s’agit pas de citations mais de médailles. Au sens de 1914-1918, une citation, à l’ordre du régiment, de la brigade, de la division, du corps d’armée ou de l’armée, est un acte qui vaut la Croix de guerre à celui qui l’obtient. On décompte trois citations au cours du conflit (deux à l’ordre du régiment, un à l’ordre de la division) et une quatrième liée à sa Médaille militaire. Certes, certaines médailles sont accompagnées d’un petit texte.

Les médailles commémoratives forment le plus gros et son engagement dans la vie associative des anciens combattants, sa carrière professionnelle explique les dernières.

Faute de documentation permettant une chronologie complète et même une identification de toutes les médailles observées, j’ai réussi à en trouver et à en recouper environ 36. Une partie des identifications vient du travail de « Marcus » sur le forum Pages 14-18, en 201613.

Figure 28 : Tableau des médailles de Louis Recobre

On note la probable absence de médaille pour faits de résistance.

On pourrait s’interroger sur la légitimité des médailles commémoratives. Force est de constater que toutes sont justifiées par son parcours au 139e RI puis au 339e RI. Seuls les grands engagements sont indiqués, de manière très large géographiquement.

Figure 29 : parcours simplifié de Pierre Recobre

Pierre Recobre s’inscrit dans un courant d’anciens combattants qui montre ses médailles, contrairement à d’autres qui n’en firent soit pas l’étalage, les laissant dans leur boite ou les plaçant dans un cadre, soit même pas la demande. Il suffit d’observer les photographies prises lors des commémorations à Verdun en 1976 par exemple pour constater que ce placard de médailles n’était pas isolé. Sous la forme de médailles de taille réduite ou de rappels, on peut observer d’autres beaux placards. Deux couvertures de Paris Match montrent aussi des anciens combattants portant la capote et les médailles14.

On pourra tout au plus reprocher à celles de Pierre Recobre d’être classées de manière un peu brouillonne. Le positionnement variable des médailles de Pierre Recobre peut s’expliquer par l’existence de deux uniformes : une capote et une vareuse. La capote dispose des pattes de col réglementaires quand la veste porte des écussons plus récents qui ne datent pas de la Première Guerre mondiale. Cette capote apparaît pour la première fois sur une photographie prise en 1970 (figure 11) puis seulement en 1978. C’est avec elle qu’il est photographié par un professionnel en 1979 :

Figure 30 : 1979. Avec sa capote. Source : AD15, 6 NUM 21.

Tous les accessoires sont présents comme son drapeau et la ceinture pour le porter, ses médailles, son quart, son bonnet de police, son brassard de brancardier, son casque muni de sa plaque souvenir.

Sur les quelques clichés avec cette capote, elle apparaît bien trop grande pour lui. L’âge pourrait être une explication. En tout cas, il y plaça ses chevrons de présence dans la zone des armées sur le bras gauche, son insigne de blessé de guerre sur le bras droit et les galons de soldat de première classe.

La photographie ci-dessous le montre avec sa vareuse qui compte également quelques fantaisies comme les pattes de col récentes.

Figure 31 : 7 octobre 1972. Pierre Recobre, 83 ans, poilu du 139e Régiment d’infanterie d’Aurillac, présent à la cérémonie militaire à Saint-Louis des Invalides. Source : AD15, 31 NUM 33664.
  • La fin de vie de Pierre Recobre

Outre des problèmes de vue et d’audition, les photographies montrent qu’il s’affaiblit nettement après le 11 novembre 1979.

Figure 32 : AD 15, 31 NUM 57772. 11 novembre 1979.

Dès la fin du mois, sa pose est moins droite, il est engoncé dans une capote désormais bien trop grande pour lui.

Figure 33 : 19 novembre 1979. Trois anciens combattants ont été décorés à Giou-de-Mamou : MM. Teulet, Cavanier et Viallard viennent d’être décorés par le « poilu » Pierre Recobre. Source : AD15, 31 NUM 57873.

Pour sa dernière image lors d’une cérémonie, il est assis, en chaussons, avec la vareuse et ce qui semble être un bas de pyjama. Une femme tient sa canne et le drapeau.

Figure 34 : 14 juillet 1981. Fête du 14 juillet à Aurillac : le défilé militaire et l’Harmonie municipale place de l’Hôtel de ville ; l’assistance où l’on reconnaît le « poilu » Pierre Recobre. Source : AD15, 31 NUM 68017.

Pour la remise de sa médaille d’officier de la Légion d’honneur, il est en tenue civile.

Figure 35 : 13 septembre 1981. Le « Poilu » Pierre Recobre décoré de la Légion d’honneur à Aurillac : M. Augustin Chauvet décore M. Pierre Recobre de la Légion d’honneur. Source : AD15, 31 NUM 65019.

Les dernières photographies datent de janvier 1983, quelques mois avant son décès, lors de la remise de la Légion d’honneur à un autre ancien combattant de 14-18. Il semble être dans une institution médicalisée. De face, il n’a pas de dentier, il a revêtu sa capote ; il est maintenu pour parler à une personne sur un second cliché.

Figure 36 : 25 janvier 1983. M. Pierre Lavergne, ancien combattant de la guerre 1914-1918, promu chevalier de la Légion d’honneur à Aurillac : M. Pierre Lavergne et les personnalités ; MM. Pierre Lavergne et Pierre Recobre.
Source : AD15, 31 NUM 69835.

Pierre Recobre est décédé le 23 octobre 1983 à Aurillac. Sa vareuse a rejoint vers 2016 une collection privée.

Figure 37 : Forum Passion-Militaria, avril 2016. Consulté le 5 novembre 2023.
https://www.passionmilitaria.com/t101592-la-vareuse-de-pierre-recobre-14-18-et-d-autres-tres-belles-trouvailles
  • Du copier/coller sur Internet

Difficile de remonter à la source du texte qui est repris assez largement sur Internet. Les informations sont très factuelles, reprenant essentiellement la fiche matricule et la presse lors de son décès, sans citer de sources particulières. Pourrait-il même s’agir d’un article de presse rédigé lors du décès de Pierre Recobre et recopié tout ou partie ? En effet, l’hypothèse est que la majorité des écrits repose sur une source initiale dont une phrase particulière est très révélatrice : « Né à Marcolès en 1889, décédé à Aurillac en 1983, Pierre Recobre fut l’archétype de l’ancien combattant de la Première Guerre mondiale ».

La plus ancienne trace de ce texte est difficile à déterminer : soit il s’agit du site des Archives départementales du Cantal mais qui ne date pas son texte, soit le site « Cantal Passion » le 16 janvier 2015.

Figure 38 : Archives départementales du Cantal. LIEN. Consulté le 2 novembre 2023.
Figure 39 : Site Cantal Passion, consulté le 2 novembre 2023.
https://www.cantalpassion.com/la-der-des-der/3187-un-poilu-bien-connu

Ces quelques informations ont ensuite été copiées/collées sur les réseaux sociaux, à commencer par Facebook, puis Twitter ou Instagram, sans ajout.

Figure 40 : Facebook, 4 novembre 2018, consulté le 2 novembre 2023.
https://www.facebook.com/histoiresdenosaieux/posts/2174668949473026/

Les réseaux sociaux ajoutent à ces informations factuelles et sommaires son miroir déformant en raison de la nécessité d’aller à l’essentiel, d’où de sévères raccourcis dans les éléments biographiques proposés. On aboutit à une mémoire simplifiée (un des soldats les plus médaillés, un héros de guerre et même un des derniers poilus), caricaturale, manichéenne, sans parler des récupérations au service d’un discours politique reposant sur des figures mythiques ou modèles. Tout repose sur l’émotion suscitée par la photographie et son court commentaire : l’admiration, la nostalgie d’un âge d’or mythique. Aucun regard critique à part pour ceux qui n’adhèrent pas à l’admiration ou au respect que doit susciter l’image.

Quelques exemples lisibles sur Twitter / X :

Il serait intéressant de voir l’impact de ces réseaux sociaux à un niveau international pour observer les éventuelles interactions ou l’éventuel développement d’une mémoire plus globale.

  • En guise de conclusion : une figure d’une mémoire de la guerre

Pierre Recobre, dans ce premier quart du XXIe siècle, dispose de tous les atouts pour être une figure mémorielle de premier plan. En effet, il a la première qualité d’avoir été abondamment photographié. Pour notre époque qui ne jure que par l’image, c’est un atout certain. Ensuite, il a cette batterie de médaille qui impressionne, bien que la quasi-totalité ait été obtenue après-guerre, parfois à titre civil. Pour finir, il dispose de la double casquette de combattant et de brancardier : il était au service de son pays tout en aidant ses camarades blessés. Tous ces éléments font que cette figure est marquante et se diffuse activement sur les réseaux sociaux. Rien qu’une recherche avec son nom donne de nombreux résultats que ce soit sur « Twitter/X » ou sur d’autres réseaux sociaux. Et l’image étant spectaculaire, elle peut se diffuser dans le monde entier sans difficulté, en tout cas dans les pays où les codes sont les mêmes.

Il n’était pas une anomalie, juste un des derniers à se présenter ainsi, d’autres l’ayant fait en même temps que lui. On note sa volonté de participer au plus grand nombre de commémorations officielles et d’importance dans toute la France. C’est en fait toute une étude qui reste à faire afin de retrouver un peu de ce parcours d’ancien combattant dans la presse locale, dans la presse nationale, dans les archives des médias de l’époque car, bien que mentionné plusieurs fois, aucun passage télévisé ou radiophonique n’a été retrouvé lors de ces recherches. Les lacunes sont nombreuses dans cet article qui ne cherche qu’à donner de grandes lignes et un aperçu un peu plus complet que les raccourcis que l’on peut trouver actuellement sur Pierre Recobre. Outre les archives des médias, un fonds de documents est peut-être déposé aux Archives départementales sous la série J. L’éloignement m’empêche de confirmer ou de consulter les autres documents non numérisés. Une recherche plus poussée reste donc à faire sur les nombreux points relevés dans cet article.

Ce personnage est plus complexe que ce qu’on peut résumer dans les courts messages accrocheurs des réseaux sociaux d’autant qu’il nous met face à cette mémoire combattante, ses activités, sa lente disparition, parfois sa course à la reconnaissance, souvent cette lutte contre l’oubli des sacrifices consentis.

  • Remerciements :

Un très grand merci à Stéphan Agosto pour l’article sur Pierre Recobre dans Paris Match en 1976 et à Denis Delavois pour son aide au cours de ce travail.

  • Sources :

Anonyme, Résumé historique du 139me régiment d’infanterie : campagne 1914-1918, Aurillac, Imprimerie du Cantal républicain, 1920, 58 pages.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6358314v

Anonyme, Historique du 339e régiment d’infanterie pendant la Guerre, Tours, Maison Alfred Mame et fils, sans date, 27 pages.
https://argonnaute.parisnanterre.fr/ark:/14707/2krsg16mwt34

Sur les médailles et décorations liées à la Première Guerre mondiale :
https://www.medailles1914-1918.fr/

Archives départementales du Cantal :

1 R 1684 : fiche matricule de Recobre Pierre, classe 1909, matricule 226 au bureau de recrutement d’Aurillac.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1eba963a78d369b0a84a0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fad069f76faa.moteur=arko_default_5fad071380c17

43 NUM 83 : Grande collecte, fonds Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/rechercher/guides-et-fonds-thematiques/grande-collecte?arko_default_5fd093ba14a59–ficheFocus=

Fonds numérisé des photographie du journal La Montagne (Archives départementales du Cantal) :

31 NUM 12336 : 11 novembre 1965
Cérémonies du 11 novembre à Aurillac : la minute de silence à la gare
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebab3e05c0c65caa71a0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fd7a7ed5fde9.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 14750 : 18 juin 1967
Commémoration de l’appel du 18 juin 1940 à Aurillac : les personnalités déposent une gerbe au monument aux morts.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebab3e5b36a6420ae0a0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fd7b0f6025b5.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 15246 : 17 septembre 1967
Des poilus cantaliens à Verdun : M. Pierre Recobre et M. Célestin Claux au départ d’Aurillac pour l’inauguration du mémorial de Fleury-devant-Douaumont près de Verdun.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebab3e69888613899f20050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fd7b29a485dd.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 15721 : 11 décembre 1967
Réunion de la 914e section des médaillés militaires à Aurillac : les convives et M. Baduel, président.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebab3e76c5c600487340050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fd7b43feb3bf.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 17382 : 22 avril 1968
M. Pierre Recobre, ancien combattant, décoré de la Légion d’honneur à Calvinet : M. Pierre Recobre et les personnalités pendant le discours de M. Augustin Chauvet, député du Cantal ; M. Augustin Chauvet décore M. Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebab3e8b9f1648a81fa0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fd7b71d25123.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 17514 : 8 mai 1968
Cérémonie du 8 mai 1945 place du Square à Aurillac : M. Jacques Corbon, préfet, et M. Jacques Meyniel, maire, déposent une gerbe au pied du monument aux morts.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebab3e8f06c6758800e0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fd7b7a0a13d7.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 17857 : 14 juillet 1968
Les fêtes du 14 juillet à Aurillac.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacad55e316ad890210050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5feca2422eab1.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 18678 : 11 novembre 1968
Cérémonie du 11 novembre à Giou-de-Mamou : les personnalités devant le monument aux morts.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacad6e30968728b750050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5feca38f304d4.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 19853 : 8 mai 1969.
Cérémonie du 8 mai 1945 place du Square à Aurillac : le traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacad8d2aa6448af630050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5feca55593217.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 21357 : 11 novembre 1969
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacada414b6fe0b2cb0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5feca787e066a.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 22174 : 6 mars 1970.
M. Pierre Recobre, vétéran de la guerre 1914-1918, en uniforme.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacadb121c6610bd410050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5feca8cecea5b.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 23262 : 14 juillet 1970
Cérémonie du 14 juillet à Aurillac : les drapeaux des associations patriotiques place de l’Hôtel de ville.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacadc2d946586868e0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecaa38b8619.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 33664 : 7 octobre 1972
Pierre Recobre, 83 ans, poilu du 139e Régiment d’infanterie d’Aurillac, présent à la cérémonie militaire à Saint-Louis des Invalides.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacae424ca6204b5310050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecb35cb04e9.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 34885 : 12 février 1973
M. Lavaute décoré de la médaille de Verdun par M. Pierre Recobre à Aurillac.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacae55734666cadf10050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecb4d33f0d0.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 39339 : 8 avril 1974.
M. Pierre Recobre, ancien combattant du Cantal, décoré de la croix d’officier de l’ordre national du Mérite à Aurillac : M. Augustin Chauvet décore M. Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacae994eb6452bf4f0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecb9b1d2df0.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 39340
31 NUM 45496 : 19 octobre 1975
Réunion-repas de la 914e section des médaillés militaires à Aurillac : les convives.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacaf3699d6b4288bc0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecbf9f10be9.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 47036 : 12 avril 1976
Manœuvres militaires dans le Cantal, les militaires à Aurillac : le défilé des troupes dans la cité ; le général Guy Le Borgne salue M. Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacafda8986478ba6a0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecc193049a8.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 47861 : 12 juillet 1976
M. Justin Coste décoré de la croix du Combattant et de la croix des Combattants européens à Aurillac : M. Justin Coste, M. Pierre Recobre et les participants à la cérémonie.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacafe7ec16248bf530050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecc2a8885dd.moteur=arko_default_5fd7192f99127
31 NUM 47862

31 NUM 49020 : 11 novembre 1976
Cérémonies du 11 novembre à Aurillac : le défilé militaire.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacaff96046120b0230050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecc40218e8d.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 49225 : 5 décembre 1976
Réunion des membres de la 914e section des médaillés militaires à Aurillac : M. Siroty nouveau président des médaillés militaires ; l’assistance parmi laquelle on reconnaît M. Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacaffdf666acaac8e0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecc44448a08.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 53185 : 8 mai 1978
Commémoration de la victoire du 8 mai 1945 à Aurillac : le dépôt de gerbes au monuments aux morts avec M. Jean-Pierre Foulquié, préfet, et M. René Souchon ; le préfet salue M. Pierre Recobre un « poilu » de la guerre 1914-1918.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd65620e683ab39d0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5fecc8c55e782.moteur=arko_default_5fd7192f99127
31 NUM 53188

31 NUM 54946 : 11 novembre 1978
Cérémonie du 11 novembre à Giou-de-Mamou
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd67b21e61e88bba0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_60115fec9a630.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 55310 : 3 janvier 1979
M. Louis Veaux, préfet du Cantal, dépose une gerbe au monument aux morts à Aurillac : M. Louis Veaux devant le monument aux morts ; l’assistance parmi laquelle on reconnaît M. Pierre Recobre un « poilu » de la guerre 1914-1918.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd693e7865b6a8cb0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_6011607aac533.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 57772 : 11 novembre 1979
Cérémonies de l’armistice du 11 novembre 1918 à Aurillac : le dépôt de gerbe au monument aux morts ; les différentes minutes de silence dans la ville ; photographies du poilu Pierre Recobre (non paru).
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd7547a66cc6981b0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_601163e5ad214.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 57773 : 11 novembre 1979
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd7547a66cc6981b0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_601163e5ad214.moteur=arko_default_5fd7192f99127
31 NUM 57776

31 NUM 57783 : 11 novembre 1979
Cérémonies de l’armistice du 11 novembre 1918 à Aurillac : le dépôt de gerbe au monument aux morts ; les différentes minutes de silence dans la ville ; photographies du poilu Pierre Recobre (non paru).
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd732d78666c85190050568bb1e3.fiche=arko_fiche_6011639928466.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 57873 : 19 novembre 1979
Trois anciens combattants ont été décorés à Giou-de-Mamou : MM. Teulet, Cavanier et Viallard viennent d’être décorés par le « poilu » Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacd73fddd6d4885e70050568bb1e3.fiche=arko_fiche_6011639b6f5bc.moteur=arko_default_5fd7192f99127
31 NUM 57874

31 NUM 60132 : 18 juin 1980
Commémoration de l’Appel du 18 juin 1940 à Aurillac : le dépôt de gerbe au monument aux morts.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacdc1593c6d9ab4ea0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_6059cea5a8455.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 65019 : 13 septembre 1981
Le « Poilu » Pierre Recobre décoré de la Légion d’honneur à Aurillac : M. Augustin Chauvet décore M. Pierre Recobre de la Légion d’honneur.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ed87696e49b6e5e9cbc0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_61371901c2e74.moteur=arko_default_5fd7192f99127
31 NUM 65020

31 NUM 68017 : 14 juillet 1981
Fête du 14 juillet à Aurillac : le défilé militaire et l’Harmonie municipale place de l’Hôtel de ville ; l’assistance où l’on reconnait le « poilu » Pierre Recobre
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ed877690bee6740836c0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_6256775aa1322.moteur=arko_default_5fd7192f99127

31 NUM 69835 : 25 janvier 1983
M. Pierre Lavergne, ancien combattant de la guerre 1914-1918, promu chevalier de la Légion d’honneur à Aurillac : M. Pierre Lavergne et les personnalités ; MM. Pierre Lavergne et Pierre Recobre.
https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ee418a40ef461469ce90050568bb1e3.fiche=arko_fiche_6425874160c92.moteur=arko_default_5fd7192f99127
31 NUM 69836

Autres clichés couleur, Archives départementales du Cantal :
https://archives.cantal.fr/rechercher/iconographie/photographies-cartes-postales-affiches-plans-documents-figures?detail=2039999&arko_default_5fbd06a9ae86c–modeRestit=arko_default_5fbd0dcd28ce4


  1. https://www.washingtonexaminer.com/weekly-standard/the-french-militarys-bad-reputation-is-inaccurate-and-undeserved, consulté le 18 septembre 2023. ↩︎
  2. Les légendes des images provenant de ce fonds utilisées dans cet article sont celles fournies par les Archives départementales du Cantal. On les retrouve également dans les sources. ↩︎
  3. Le cheminot du P.O., n°8, août 1929.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3252269r/f5.item
    Le cheminot du P.O., n°27, avril 1931.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3252287p/f4.image
    Le cheminot du P.O., n°37-38, avril-mai 1932.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32527615/f3.item
    Le cheminot du P.O., n°39, juin 1932.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32527630 ↩︎
  4. Archives départementales du Cantal, https://archives.cantal.fr/rechercher/iconographie/negatifs-du-journal-la-montagne?arko_default_5fd7192f99127–ficheFocus= ↩︎
  5. La Montagne, 25 octobre 1983. AD15, 31 NUM 57873. ↩︎
  6. AD15,43 NUM 83/40. ↩︎
  7. AD15, 43 NUM 83/38. https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacb3756af630c8d6e0050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5ff2ec421e7f5.moteur=arko_default_5fe0d0b5a0d5e ↩︎
  8. Secrétariat d’État aux anciens combattants, Commémoration du 60ème anniversaire de la bataille de Verdun, 1976. 26 pages. AD15, 43 NUM 83/40. ↩︎
  9. AD15, 43 NUM 83/42. https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacb3761d86530bc190050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5ff2ec422ba55.moteur=arko_default_5fe0d0b5a0d5e ↩︎
  10. AD15, 43 NUM 83/37. https://archives.cantal.fr/ark:16075/1ebacb375519674092400050568bb1e3.fiche=arko_fiche_5ff2ec4219544.moteur=arko_default_5fe0d0b5a0d5e ↩︎
  11. Paris Match, n° 1413, 26 juin 1976, pages 30 et 31. ↩︎
  12. https://www.cantalpassion.com/la-der-des-der/3187-un-poilu-bien-connu, consulté le 28/09/2023. ↩︎
  13. https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?p=192359#p192359
    Consulté le 25 septembre 2023 ↩︎
  14. Paris Match n°139 du 17 novembre 1951 et n°359 du 25 février 1956. ↩︎

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Publication de la page : 11 novembre 2023

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