Aller au contenu

Marius Juidice, le brigadier à la mâchoire d’argent

La presse du début du XXe siècle a ce réflexe de reprendre les informations sensationnelles, les histoires exemplaires, du Nord au Sud du pays. Tel est le cas non de l’événement des combats du 5e Régiment de chasseurs d’Afrique mais du destin du chasseur d’Afrique Justin Marius Juidice. Plusieurs vagues d’articles permettent d’en savoir plus sur le parcours particulier de ce jeune homme qui n’a pas 20 ans quand il est blessé au combat de Rfakha au Maroc.

La Vie illustrée1, en plus d’un récit très détaillé, y ajoute l’image et un « après » ainsi qu’un surnom « Le brigadier à la mâchoire d’argent ». Les faits relatés le sont avec beaucoup d’emphase, au point qu’on se demande quelle est la part de réalité au milieu des exagérations.

Cette recherche vise à retrouver le parcours de Marius Juidice, son bref passage dans la presse nationale et locale en 1908. On s’interrogera sur l’utilisation faite de ce blessé, que la presse héroïsa avant de l’oublier dès 1910. On s’intéressera aussi à la place des gueules cassées avant la Première Guerre mondiale qui vit leur nombre exploser, les rendant particulièrement visibles.

  • La Légion d’honneur pour un jeune chasseur d’Afrique

L’article est largement postérieur à nombre d’écrits dans la presse sur cet homme. Il fut au centre de nombreux articles par vagues, la première pour sa Légion d’honneur (décret du 13 avril 1908) :

Revue de cavalerie, mai 1908, page 248.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65351642/f252.item

Un telle décoration est assez exceptionnelle pour un homme du rang, ce que ne manque pas de remarquer la presse.

« Un simple soldat inscrit au tableau de concours pour la croix de la Légion d’honneur, voilà un fait qui vaut d’être signalé, d’autant mieux qu’il se produit de plus en plus rarement, à notre époque de paix presque constante. »

La Liberté n° 15311, 14 avril 1908, page 2
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4796320m/f2.item

Une fois encore, c’est beaucoup d’honneur pour un simple chasseur d’Afrique blessé. Mais les articles n’oublient pas de le mentionner : il fut blessé au visage, sa mâchoire inférieure étant fracassée par deux balles et il perdit son frère au cours du combat.

La recherche semble simple, pourtant elle ne le fut pas. La question de l’orthographe du nom est au cœur de la difficulté. Entre les caractères mal lus par l’OCR de Gallica, les variations dans les écritures des noms propres, les obstacles s’accumulent. Ainsi, faut-il chercher « Guidice » ou « Giudice » comme on le voit parfois dans la presse, ou « Juidice » comme on le lit dans des documents officiels, récits d’officiers ou de journaux ? On peut aussi aller vers la variante « Jiudice » utilisée dans la fiche matricule de son frère et l’acte de naissance de son père également. Mais c’est bien au nom de « Juidice » que Marius fut immatriculé par le bureau de recrutement de Lyon et c’est le nom que j’utiliserai pour Marius tout au long de cette recherche. Seules les citations d’articles conserveront l’orthographe imprimée dans la revue ou le journal.

Dernier élément : pourquoi l’appeler « Marius » quand son premier prénom est « Justin » ? Dans un mot signé de sa main, il note « Marius Juidice » et non « Justin Juidice ». La presse y perdit son latin entre les deux prénoms, mais dans cette recherche, c’est le prénom avec lequel il signa qui est utilisé.

  • Une jeunesse dans l’ombre

On sait donc finalement peu de choses de Marius et encore moins de son frère Marcel. Pour leur jeunesse, c’est essentiellement leur fiche matricule qui nous informe, c’est dire la pauvreté de ce dont on dispose.

Justin Marius est né le 18 mars 1889 à Philippeville en Algérie. Probablement orphelin, sa fiche matricule indiquant « feu » pour son père et sa mère lors de son recensement, il est placé à Lyon.

Pourquoi Lyon alors qu’il est natif d’Algérie ? Il est noté comme « pupille du département de Constantine ». Si sa mère est bien décédée en 1899, contrairement à ce qu’indique la fiche matricule des deux frères, son père est toujours vivant à cette date puisqu’il a un nouvel enfant en 19082. Il y a peu de doutes sur son identité : l’âge, les prénoms, tout correspond.

On trouve la mention du décès d’un Louis Juidice, 78 ans, en janvier 1938 dans la région d’Azazga en Algérie3. Le placement des enfants à l’époque n’est pas uniquement lié au décès des parents, d’autres causes de placement existent : problèmes financiers, emprisonnement…

C’est à Lyon que Marius réside en 1907 lorsqu’il s’engage dans l’armée, toutefois, c’est à la mairie de Constantine qu’il signe son engagement volontaire : il part rejoindre son frère Marcel qui est déjà sous les drapeaux.

Marcel Dominique Juidice est né le 18 janvier 1885 à Blida, en Algérie. C’est à Castiglione qu’il réside lors de son appel sous les drapeaux au 5e Régiment de Chasseurs d’Afrique le 8 octobre 1906. On sait juste qu’il y devint l’ordonnance d’un lieutenant.

Un article de L’Afrique du Nord illustrée permet de percevoir Marcel Juidice. C’est pour l’instant le seul cliché où il est visible.

Retour à Marius. Il arrive au 5e RCA en avril 1907. S’est-il fait photographier avant le départ en campagne ?

Cette photographie pourrait attester que oui, pourtant il y a un problème : en regardant le visage, il y a une ombre qui n’apparaît nulle part ailleurs. Ce pourrait être un montage réalisé en collant le visage de Marius sur celui d’un autre cavalier.

Le régiment est envoyé au Maroc. Les deux frères embarquent à Alger le 9 janvier 1908 sur le Moulouya4 et arrivent à Casablanca le 14.

Pour suivre la chevauchée du 5e RCA en janvier et février 1908, le combat du 29 février qui vit la mort de Marcel et la blessure grave de Marius, voir cet article complet.

  • Récit du combat de Marius Juidice par le capitaine Azan

C’est Marius qui est touché en premier, avant l’appel au ralliement. Le capitaine Azan raconte5 :

« C’est alors que se succèdent sur le champ de bataille, relativement étroit, des épisodes dignes d’être conservés par l’histoire.

Celui des frères Juidice est un des plus poignants, Marcel et Marius Juidice étaient des enfants assistés, originaires d’Algérie. L’aîné, Marcel, appelé au 5e chasseurs en 1906, avait été pris comme ordonnance par le lieutenant Merle ; il avait obtenu de cet officier que son cadet, Marius, arrivé au régiment l’année suivante, partît avec lui pour le Maroc. Ayant son frère dans son peloton, il mangeait à la même marmite, couchait sous la même tente, lui apprenait le métier, l’entourait constamment d’une affectueuse sollicitude ; au cours des étapes, il ne cessait de lui donner des conseils ou des avertissements : « Ménage ton cheval, lui disait-il. Attention, au silo. » En présence des Marocains, il galopait toujours à ses côtés, prêt à lui porter secours.

Lorsque Merle avait commandé « à cheval », Marcel Juidice était allé jusqu’à Marius, qui tenait sa monture, l’avait embrassé et lui avait dit ; « Nous allons charger ; si je suis tué, tu auras des égards pour Fernande ». Fernande était sa fiancée, habitant un village de la province d’Alger.

La charge partie, les deux frères galopent de concert et prennent, dès les premières foulées, la tête du peloton. Ils dépassent un Marocain qui est du côté de Marius :

« Tu ne le tues pas ? » demande Marcel sur un ton de reproche, et il oblique vers le Marocain, perdant de vue son frère.

Marius Juidice continue à charger dans une autre direction. Soudain, il aperçoit un piéton couché sur le dos, dirigeant vers lui le canon de son fusil ; il se précipite de son côté. Le coup part, l’atteint à la mâchoire, mais n’arrête pas son élan. Il donne un coup de pointe au Marocain et retire son sabre rouge de sang.

À 10 mètres de là, un autre piéton s’apprête à tirer sur lui ; Marius Juidice, sans prendre le temps d’essuyer, même avec sa manche, le sang qui coule de sa mâchoire déchiquetée, fonce à toute vitesse sur ce nouvel ennemi ; de son sabre il détourne le fusil, dont la balle part en l’air, puis il assène un coup vigoureux sur la nuque du Marocain.

A quelques mètres au plus, un troisième adversaire surgit encore : les deux genoux à terre, il vise, il tire ; la balle atteint cette fois le brave chasseur à la bouche, lui coupe un morceau de lèvre, lui casse une dent et va se loger dans le palais ! Mais déjà Juidice a pris son élan ; il arrive sur l’homme qui vient à peine de tirer et le frappe d’un coup de pointe ; puis, par suite de l’effort fourni et des blessures reçues, il tombe de cheval en laissant son sabre dans le corps de son ennemi ; il se trouve étendu à terre aux côtés mêmes du Marocain et perd connaissance.

Son évanouissement ne dure pas longtemps ; il est réveillé par la tiédeur du sang qui coule de ses horribles blessures et inonde sa poitrine. Il ouvre les yeux ; il voit ses camarades à cheval qui vont de l’avant, il se lève sur son séant, il bat des mains, il applaudit la charge !

Il entend le chasseur Bienvenu dire à ses camarades : « Herbreteau, regarde le frère de Juidice qui est blessé ! »

Les deux hommes s’approchent. D’autres s’arrêtent près de lui, parmi lesquels le chasseur Arnaud. Herbreteau, enfant assisté algérien, lui aussi, a connu Juidice à l’école ; il met pied à terre, donne son cheval à son compagnon d’enfance et se fait prendre en croupe par un camarade.

Juidice monte à cheval sans demander l’aide de personne et se met en marche, encadré par le trompette Bourlette et le chasseur de 1re classe Bienvenu ; Merle passe à côté de lui ; il lui serre la main en disant :

« On va te venger, Juidice, on te vengera ! »

Juidice se tient très droit sur son cheval. Le sang coule cependant de ses horribles blessures et couvre ses joues, sa tête et sa veste bleue de larges taches rouges.

Mille6 ne peut s’empêcher de faire des réflexions :

« Comme ils l’ont arrangé, les sauvages ! Oh ! le malheureux ! »

– Tais-toi donc, lui dis-je, et surtout n’aie pas l’air de t’apitoyer ; il faut toujours réconforter les blessés ! »

Mais Juidice n’a pas besoin de réconfort ! Il me regarde bien en face en tournant la tête, et me fait des signes de la main ! Je lui adresse un sourire et un geste d’encouragement.

Il n’a plus son taconnet, il l’a remplacé par sa chéchia, qu’il a coquettement posée sur sa tête. Sa tête !… C’est une masse informe, sanguinolente, d’où émergent seuls deux yeux qui brillent d’un étrange éclat, d’un enthousiasme farouche, d’un désir frénétique de lutte et de vengeance. Ses yeux parlent, car sa bouche ne peut plus articuler un son ; ils semblent dire : « Eh bien ! oui, mon capitaine, je suis couvert de sang, je suis affreux à voir, mais je suis beau ainsi, je suis fier surtout, j’ai fait mon devoir ! »

Le capitaine Azan photographie Juidice encore à cheval. Il la légende ainsi : « Le chasseur Marius Juidice entre le trompette Bourlette et le chasseur de 1re classe Bienvenu. »

Lorsqu’il prend des nouvelles des blessé le soir du combat, Juidice semble perdu. Il a croisé en début d’après-midi le général d’Amade, ce que la presse ne manque pas d’évoquer.

Concernant son frère, le capitaine Azan est tout aussi précis pages 168-169 :

« Le lieutenant Cuny, du 3e chasseurs, aperçoit le colonel de Luigné, le revolver à la main, qui protège un cavalier pris sous son cheval. La fusillade des Marocains est toujours nourrie. Un chasseur qui galope à quelque distance de Cuny a son cheval tué ;il se dégage, il se hâte: « Mon lieutenant ! mon lieutenant ! » Cuny ralentit aussitôt et lui crie: « Cours vite, mon petit, je t’attends. » Le peloton de Cuny s’éloigne sans avoir vu l’incident ; le lieutenant se trouve seul avec le capitaine Boireaux. Derrière lui, cependant, il entend une voix: «Je suis là, mon lieutenant! » C’est Filippi, son ordonnance, qui l’a fidèlement suivi. Boireaux, Cuny et Filippi s’arrêtent.

La situation est dangereuse ; les balles pleuvent sur le petit groupe. Cuny s’époumonne : « Deuxième peloton, quatrième escadron, à moi ! » Ses hommes ne l’entendent plus, ils sont déjà trop loin. Le lieutenant Jeannerod survient. Peut-être vont-ils pouvoir sauver, à eux quatre, le chasseur démonté, qui est à peine à 20mètres. Mais les cavaliers marocains rejoignent le malheureux et l’entourent. Il n’y a plus d’espoir de l’arracher à la mort. Il faut partir… Cuny galope dans la direction du ralliement, toujours suivi de Filippi. Complètement penché sur l’encolure de son cheval, il jette un coup d’œil en arrière ;il aperçoit auprès du chasseur les Marocains, qui commencent leur ignoble besogne ; ils le dépouillent ; ils lui coupent latête. C’était Marcel Juidice ! »

La confirmation de sa mort vient d’un officier d’infanterie qui indique avoir fait relever les corps portant les matricules 3883 et 3476. Le premier était en partie brûlé, le second décapité. Or, le matricule 3476 est bien celui du frère de Marius Juidice.

  • Le début d’un long parcours de soins

Suite à sa blessure le 29 février 1908 au combat de Rfakha, près du Souk-el-Trin, Marius Juidice est soigné à Casablanca dans un premier temps comme le raconte un article écrit à l’occasion de sa Légion d’honneur. Il est fort détaillé ce qui donne des indications factuelles utiles et des détails plus romancés. Le récit des charges semble l’élément le plus plausible. Mais les va-et-vient de Marius sont peu cohérents et la narration de sa blessure à coup de sabre, fausse. Le champ lexical de l’héroïsme simple est présent partout, la relation au célèbre général n’est pas sans évoquer Napoléon passant parmi ses troupes après la bataille.

L’odyssée d’un cavalier

Comment Mlle Voisin raconte l’héroïque conduite du chasseur d’Afrique Juidice, qui vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur.

Une lettre de Casablanca que publie le Petit Marseillais, raconte d’une émouvante façon l’odyssée du cavalier Juidice, du 5e chasseur d’Afrique, dont l’héroïsme vient d’être récompensé par cette distinction rare pour un simple soldat : la croix de la Légion d’honneur.

Juidice a eu la mâchoire fracassée au combat de Souk-el-Tneïn (sic) ; transporté à l’hôpital de Casablanca, il eut pour garde-malade Mle Voisin, l’une des filles du général, – Mme la générale Voisin est depuis plusieurs mois à Casablanca avec ses deux filles, – et c’est grâce au dévouement, aux soins incessants de la jeune ambulancière, qu’il doit d’avoir pu se rétablir de son horrible blessure.

Le correspondant du Petit Marseillais aurait voulu tenir de Juidice le récit du combat, mais le brave soldat ne pouvait parler, et c’est Mlle Voisin qui a raconté ainsi à notre confrère cet émouvant épisode de la guerre actuelle :

« Juidice appartenait au deuxième peloton de l’escadron appelé, ce jour-là, à charger sur l’ennemi. Son frère combattait dans les rangs du premier peloton. Quand le moment fut venu de lancer la cavalerie sur les groupes marocains, le lieutenant Merle ordonna la charge par échelons de peloton. Le premier peloton se trouva bientôt engagé ; la fusillade répondit à la charge et, soudain, Juidice vit, au loin, son frère chanceler sur son cheval. Etait-il mort ? Non, sans doute. Mais, vif ou trépassé, il fallait l’empêcher de tomber entre les mains des barbares marocains. Juidice s’élança dans la mêlée, s’empara de son frère, et l’emporta dans ses bras, assez loin en arrière, sur un talus occupé par l’infanterie, au pied du poste optique de Souk-el-Tneïn. puis il revint simplement reprendre sa place dans le rang.

Il était temps. l’ordre fut donné à son peloton de charger à son tour pour dégager le premier peloton. Les braves chasseurs d’Afrique s’élancèrent, sabrant à tour de bras, et Juidice n’était pas celui qui frappait le moins fort. Un véritable corps-à-corps avec les Marocains s’était engagé. Ils étaient là, dans les pieds des chevaux, luttant héroïquement, il faut le dire, puisqu’ils nous firent de nombreux blessés. Juidice fut un de ceux-là. Il eut la mâchoire fracassée d’un coup de sabre.

Ses camarades de droite et de gauche pressèrent leur cheval contre le sien pour le maintenir en selle et, tout saignant, il continua à combattre jusqu’à complet abandon de ses forces. À ce moment, il fut enlevé des rangs par un chasseur d’Afrique et transporté en arrière, sur le talus, où ne se trouvait déjà plus son frère, que les ambulanciers avaient emporté sur un cacolet.

Grisé par l’ardeur du combat, par l’odeur de la poudre, il assista, impuissant, au départ au galop des troisième et quatrième pelotons lancés, à leur tour, sur l’ennemi qui continuait à faire des trous dans nos rangs. La mâchoire pendante, il ne pouvait parler ; mais il applaudit des deux mains ostensiblement, au passage de ses frères d’armes.

L’histoire du cavalier Juidice fut contée au général d’Amade.

– Tu t’es bien battu, cavalier, lui dit-il en passant devant son lit de camp.

Juidice ne pouvait répondre. il demanda à écrire. Sur un carnet qui lui fut tendu, il traça ces mots : « Où est mon frère ? ». Il était mort. Mais on ne lui en dit rien. On lui laissa croire qu’il avait été transporté à l’hôpital. Et le général poursuivit, très ému :

– Ta conduite a été admirable. tu as droit à une récompense. Que demandes-tu ?

Il reprit le carnet et écrivit : « La médaille ».

Au bas de la feuille, le général mit : « Accordé, signé d’AMADE ». Et il tendit le papier au soldat.

Le général a su faire donner plus qu’il n’avait promis, puisque, à la suite de ses rapports, c’est la croix de la Légion d’honneur qui illustre cette poitrine brave… »

Le récit de Mlle Voisin s’arrête là. Il nous faut ajouter ce qu’elle a oublié de dire :

Depuis le 30 mars, date à laquelle le cavalier Juidice fut transféré à l’hôpital, Mlle Voisin n’a cessé de l’entourer de ses soins. C’est à cette admirable jeune fille qu’il doit sa guérison morale, car la pensée de son frère le hantait toujours. Alors que notre blessé, étreint de fièvre, demandait de ses nouvelles, elle faisait le mensonge pieux de lui en donner. Elle le consolait, elle le réconfortait, et quand son malade fut hors de danger, elle s’attacha, petit à petit, à lui apprendre le malheur qui le frappait. De sorte que le jour où Juidice, débarrassé de fièvre, sinon de douleur, put se lever, il vit sans étonnement un grand crêpe noir cousu sur la manche gauche de son dolman bleu.

Juidice, presque complètement guéri, est rentré en Algérie, son pays natal.

L’Avenir de la Mayenne, 31e année n°19, 10 mai 1908, page 1.

Le détail concernant le mot tendu à d’Amade et sa réponse peuvent être inventés, embellis. En l’absence d’autres récits, la prudence reste de mise. Par contre, un décret du 13 avril 1908 lui octroya la Légion d’honneur avec le grade de chevalier et le général félicita le récipiendaire par un mot le 25 mai 1908 qui fit l’objet d’une publication dans le journal Le Monde illustré du 27 juin 1908.

Le Monde illustré n° 2674, 27 juin 1908, page 427.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4220923x/f10.item
  • Premier retour en Algérie

Les soldats français tués sont inhumés après rapatriement des corps soit en Algérie (maréchal des logis Didier, cavaliers Lardieu et Marcel Juidice par exemple) ou vers la Métropole (lieutenant Merle, maréchal des logis Granger, cavalier Condé par exemple).

Marcel Juidice a droit à des funérailles imposantes. Qui font l’objet de comptes-rendus dans la presse d’Algérie. Le navire La Gironde transporte le corps de Casablanca à Oran. Il arrive le 9 mai. « Les honneurs étaient rendus par un piquet du 2e Zouaves et un piquet du 2e Chasseurs ; des députations des divers corps de la garnison suivaient le convoi » précise L’Echo d’Oran le 23 mai (page 2/4)7. Il est transféré ensuite à la gare PLM de Blida par le train de 9h40. Les obsèques se déroulent à Blida le 11 mai 1908.

Mais Marius ne peut y assister. Il est à l’hôpital militaire d’Oran et rien ne dit qu’il put seulement se recueillir sur le cercueil de son frère pendant son passage par Oran. Comme les autres blessés, il a été rapatrié à Oran depuis Casablanca où ils étaient soignés. C’est aussi à bord du navire La Gironde qu’ils accostent à Oran le 23 avril. La presse précise qu’il porte déjà sa Légion d’honneur, bien qu’il ne l’ait pas encore reçue officiellement. C’est que l’officier qui lui a annoncé la nouvelle de décret lui a remis la sienne !

C’est le 19 mai 1908 que Marius Juidice reçoit sa Légion d’honneur dans la cour de l’hôpital militaire d’Oran où il est soigné. Décoré par le général Bailloud avec d’autres blessés, il est le seul récipiendaire de la Légion d’honneur.

Le journal L’Afrique du Nord illustrée du 6 juin 19088 offre une photographie de la cérémonie. Marius Juidice peut être identifié sans problème avec son vaste pansement, d’autant que la légende précise « à gauche, est Giudice, décoré de la Légion d’honneur »

Fin mai, une délégation des Femmes de France lui offre une montre en or, « à titre de souvenir » indique La Dépêche algérienne9 du 24 mai 1908.

  • Soins en Métropole

Il quitte l’Algérie pour être soigné à Lyon, à l’hôpital Desgesnettes. Mais le 11 juillet, on le transfère au Val-de-Grâce à Paris. Il fait alors la une de la presse nationale : on l’annonce même à grand renfort d’articles pour les festivités du 14 juillet à Longchamp. Cependant, il ne peut s’y rendre en raison de la faiblesse de son état de santé, il s’en excuse10 et offre une interview au journal La Patrie11 publiée le 16.

Il y revient sur son enfance peu heureuse, sur les circonstances de son engagement volontaire. Écoutant la proposition de son frère, il le rejoignit et put être affecté à son escouade. C’est d’ailleurs son frère qui les poussa à se porter volontaires pour partir en opérations au Maroc. C’est dire qu’ils étaient toujours ensemble, jusqu’aux chevauchées de février et le combat du 29.

Le Petit Parisien, 24 août 1909, p. 3/6.

Il devient brigadier le 7 novembre 1908. Il est désormais le « brigadier Juidice » dans la presse.

Pendant son séjour, il est photographié et offre un cliché au capitaine Azan, rédacteur de deux ouvrages sur la campagne du Maroc, apportant des éléments précieux sur les combats du 29 février 1908.

Dans l’un de ses ouvrages, le capitaine Azan donne de précieux renseignements sur les blessures de Juidice12.

« Comme il subissait, le 13 juillet 1908,un pansement auquel j’assistais, l’opérateur, M. le professeur Delair, voulut bien me définir exactement ses blessures: « 1° Balle oblique ayant détruit le côté droit de la mandibule inférieure et sortie à l’angle de l’oreille; 2° Balle tirée de plus loin, ayant traversé la lèvre du côté gauche, cassé la canine, perforé la voûte palatine horizontalement, et ayant dû s’arrêter sur la colonne vertébrale. Cicatrice au fond du palais. » »

La presse oublie ensuite complètement le blessé, le laissant à ses soins à Paris. Il faut attendre un an pour qu’on reparle de lui, surtout dans la presse nord-africaine : guéri, il est de retour au régiment !

  • La vie après : retour en Algérie et retour à l’anonymat

La presse nous permet de découvrir quelques étapes de la vie de Marius Juidice avant qu’il ne retombe définitivement dans l’anonymat.

Interviewé par le Petit parisien du 24 août 1909, son parcours de soin est détaillé13.

Le brigadier Juidice rejoint son régiment

Les lecteurs du Petit Parisien n’ont certainement pas oublié l’héroïque petit chasseur d’Afrique Juidice, qui, grièvement blessé au Maroc, vint, il y a plus d’un an en France, au Val-de-Grâce, pour y subir plusieurs opérations.

Il est venu hier nous rendre visite… Et nous avons peine à reconnaître dans ce svelte et solide brigadier, qui portait crânement son uniforme étoilé de la Légion d’honneur, le malheureux garçon à la face glorieusement mutilée, qui nous recevait avec un triste sourire, il y a un an, au Val-de-Grâce.

La chirurgie moderne a opéré là un miracle et Juidice parle avec reconnaissance des docteurs Mignon et Fonton, et du professeur Delaire, qui lui ont rendu un visage et fait à peu près totalement disparaître les traces de son épouvantable blessure.

Juidice nous a prié d’être son interprète auprès des nombreux lecteurs du Petit Parisien qui ont répondu à l’appel que nous adressions en sa faveur.

– Dites à tous ces amis inconnus, à tous ceux que je n’ai pu remercier directement, faute d’adresse complète, que leur acte de fraternité et de solidarité m’a été d’un immense secours… Grâce à eux, je ne me suis pas senti abandonné et j’ai repris courage…

« Grâce à leurs dons, j’ai pu lutter utilement contre l’ennui… Remerciez-les pour moi, et dites-leur bien que je n’oublierai jamais, jamais, leur geste de bonté et de pitié… Je pars demain pour l’Algérie, je rejoins mon régiment ; je vais continuer ma carrière militaire, et je vous jure que servirai de toutes mes forces et de tout mon dévouement… Encore une fois, merci, monsieur !

Le brigadier Juidice nous tend la main et nous la serrons avec émotion.

– Bonne chance ! Juidice… Donnez-nous de vos nouvelles !:

– Je n’y manquerai pas, monsieur ! Mais n’oubliez pas ma demande je vous prie… Car je ne voudrais pas que vos lecteurs puissent croire qu’ils ont obligé un ingrat.

Le brigadier Juidice va servir au 5e régiment de chasseurs d’Afrique, à Mustapha.

P. L. »

Le Petit Parisien n° 11987, 24 août 1909, page 3.

On constate le travail réalisé sur cette photographie publié plus tôt dans l’année, après un an de soins.

La Vie illustrée n° 541, 26 février 1909, page 349.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51269277b/f11.item

Le 29 août 1909, il embarque sur le Charles-Roux de la compagnie Transatlantique afin de retourner à Alger14 puis dans son régiment. Le progrès des communes indique dans son numéro du 4 septembre 1909 que Marius se rend sur la tombe de son frère pour la fleurir15.

On parle encore beaucoup de lui en décembre 1909. En effet, la presse se fait l’écho autour du 27 décembre de la fin de sa carrière militaire. La Tribune de l’Aube du 28 décembre précise qu’il « peut à peine parler et qu’il se nourrit de bouillie ». Le Journal précise « Dès qu’il montait à cheval, il ressentait dans la tête de violentes douleurs ». Il passe dans la réserve au bout de ses trois ans d’engagement, le 10 mai 1910 après avoir été autorisé à attendre la fin de son contrat de trois ans dans ses foyers après avoir été réformé définitif n°1 en raison de sa fracture du maxillaire inférieur droit et défiguration.

Mais dès le 20 janvier 1910, il quitte Alger par transatlantique pour rejoindre son poste d’huissier au musée du Louvre. Ensuite les articles sont de plus en plus sporadiques. En mars 1910, on apprend que la fatigue est trop grande et le 27 mars, le journal La Croix fait savoir à ses lecteur qu’« il est actuellement en subsistance à l’École militaire en attendant qu’il ait pu trouver un emploi plus compatible avec son état de santé »16. À cette occasion, le général Niox s’empare de son cas pour demander la création d’une structure pour ces mutilés de guerre :

M. le général Niox vient de demander au ministre de la guerre la création, d’une section de douze vétérans recrutés parmi les soldats mutilés de nos armées et ayant gardé une activité suffisante pour pouvoir être affectés à la surveillance du tombeau de l’église et du musée historique. Voici à la suite de quelles circonstances le gouverneur des Invalides a été conduit à formuler sa requête.

Le héros de la Chaouia, ce brigadier Juidice, qui se battit contre les Marocains, au combat de Rfartfka, comme un guerrier d’épopée, se trouve actuellement à Paris, attendant la liquidation de sa pension de retraite, en subsistance au 19e escadron du train, à l’École militaire. On sait qu’il eut le visage labouré de trois balles, une qui contourna l’os frontal, une seconde entrée par la bouche sortie derrière la nuque, la dernière fracassant le maxillaire droit… Ces terribles blessures pansées avec le ruban de la Légion d’honneur, et la physionomie rhabillée avec art par les chirurgiens du Val-de-Grâce, le brave garçon, qui a gardé bon pied et bon œil, nourrit une ambition : trouver un emploi civil qui lui permette de mettre un peu de beurre dans les épinards que l’État va lui servir. Et le général Niox, ému par la situation de cet enfant de vingt ans, a conçu le projet d’avoir à sa disposition un certain nombre d’emplois réservés pour des cas identiques à celui du brigadier Juidice.

L’Événement n° 16315, 27 mars 1910, page 1.

Ensuite, c’est pour son mariage en 1910 qu’on retrouve une nouvelle fois trace de Marius Juidice. Il est toujours en Métropole, mais à Lyon.

« Lyon, 15 octobre.

Mardi sera célébré, à la mairie du 3e arrondissement de Lyon, le mariage du brigadier chasseur d’Afrique retraité Juidice, aujourd’hui âgé de 21 ans, qui, pendant la campagne marocaine, fut fait chevalier de la Légion d’honneur pour sa vaillante conduite.

Juidice, dont le frère fut tué à l’ennemi, est actuellement employé dans une banque. »

L’Aurore n° 4725, 16 octobre 1910, page 3.

Il disparaît ensuite complètement de la presse et des sources d’archives disponibles. Seul l’état civil permet de savoir qu’il se remarie en 1946. On a la preuve d’un troisième mariage, le dernier intervenant en 1946. Est-il retourné vivre ses vieux jours en Algérie ? En tout cas, il est décédé avant 1970, sans qu’il soit possible de déterminer quand et où.

  • La mémoire des frères Juidice

Si les frères quittent la mémoire collective à travers la presse, on retrouve une dernière trace d’eux de 1926 à 1939 : le Prix des Frères Juidice, cross-country militaire de 3e série de 3000 mètres puis 4000 mètres à Alger.

Pour Marius, le capitaine Azan notait « Juidice, qui restera un type légendaire de l’épopée africaine ». Son cas en tout est rendu exemplaire. Tous les journaux ne cherchent pas à faire de Marius Juidice le héros parfait et à suivre en exemple comme le fit un éditorialiste du journal La Liberté. Par contre, tous participèrent, par leurs multiples entre-filets ou articles, à faire connaître dans des mots fort similaires, ce qui lui arriva le 29 février et ses suites. Presse nationale et presse locale le firent connaître dans toute la France.

L’histoire de Juidice fit le tour de la France, dans des versions héroïsées. Son retour en Algérie montre la ferveur qui l’entoura un temps. Deux exemples supplémentaires illustrent cette glorification et ce qu’il en resta.

D’abord, on en fit un modèle pour les jeunes par l’intermédiaire de la narration de sa vie sous la forme d’une bande dessinée publiée dans La Gazette vosgienne, supplément illustré paraissant le dimanche n°24, 14 juin 1908 mais aussi dans toutes les itérations de cette revue en fait fournie à de nombreuses publications locales.

On y découvre en douze vignettes la vie de Juidice, sa blessure. Les postures choisies, le message est toute à la gloire de Juidice et en font un modèle de courage, un héros comme l’indique le titre. La dernière vignette est dans le ton de plusieurs articles qui, loin de la réalité, l’imaginent en train de chevaucher à nouveau.

Ensuite, pendant la Grande Guerre, il fut fait usage à de très rare occasions – dans la presse accessible à la recherche plein-texte – au parcours de Juidice. On peut s’en étonner, cela aurait pu envoyer aux familles de blessés un message positif, que leurs connaissances touchées étaient des héros et que la médecine pouvait réaliser de grandes choses, mais aussi servir de rappel de l’héroïsme des combattants. Pourtant, le peu de références montre que cette histoire était plutôt retombée dans l’oubli, le seul exemple trouvé étant lié à un journal de propagande alsacien.

Kriegs-Berichte : journal alsacien : bulletin des armées de la République en Alsace, 30 mai 1915.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9110284q/f2.item

Depuis, Marius Juidice apparaît dans tous les historiques du 5e RCA. Une brochure indique17 :

« Le 29 Février, au cours du combat des Rfakhas (…) un officier et 12 cavaliers sont blessés, dont le chasseur de 2me classe JUIDICE, pupille de l’Assistance Publique, fait Chevalier de la Légion d’Honneur à l’âge de 19 ans pour son héroïsme alors que, 2 fois grièvement blessé à la mâchoire, il repartait à la charge avec une indomptable énergie. » Les Chasseurs d’Afrique de Jacques Sicard et François Vauvillier (2001), reprend exactement ce texte page 18.

  • La question de la diffusion des images « chocs »

Avertissement : les illustrations montrent un visage défiguré et peuvent choquer.

Si les récits de la blessure de Juidice se retrouvent « copier/coller » dans de très nombreux journaux, la diffusion des images du chasseur défiguré n’a pas été la règle. Je ne les ai trouvées pour l’instant que dans deux publications. La première date de mai 1908, donc peu après les faits.

Une version en plus gros plan est visible dans la revue déjà citée La vie illustrée du 26 février 1909, son but étant de montrer les soins prodigués qui ont permis au cavalier de retrouver figure humaine.

La blessure quelques jours après le 29 février 1908.

L’image publiée dans Le Journal fait rapidement l’objet d’une vive critique dans un article visant à montrer le rôle important des infirmières dans les soins des militaires au Maroc18 :

« Causerie féminine

Au chevet de nos blessés

Un journal parisien, qui recherche l’actualité jusqu’au point de se transformer en « musée des horreurs », publiait, un de ces derniers matins, une photographie instantanée lamentable : c’était celle du jeune héros du combat de Rfakka (sic), le cavalier Justin Giudice, qui eut la mâchoire emportée par une balle marocaine. (…) »

Les illustrations ne sont pas présentes dans tous les journaux, mais la question se pose de savoir jusqu’où aller dans ce que l’on montre. Certes la qualité n’est pas fameuse, mais on perçoit bien l’horreur de la blessure. En tout cas la grande majorité ne montra pas d’images et celles qui le firent choisirent des images avec le pansement.

  • Le sort des gueules cassées

On peut imaginer que la question des « gueules cassées » était un phénomène directement lié à la Première Guerre mondiale. Cet exemple illustre au contraire de l’existence d’une chirurgie de reconstruction déjà en place. On trouve des ouvrages la concernant dès la guerre de 1870-1871. On a, outre trois volumes illustrés d’exemples de reconstructions faciales dont les images n’ont rien à envier à l’horreur connue pour le premier conflit mondial19, la narration complète du cas de l’artilleur a fait l’objet de deux publications20.

Illustration avant/après à l’aide d’extrait de l’ouvrage : DELALAIN Charles, Dentier et figure artificiels appliqués à l’artilleur Moreau, dit l’Homme à la tête de cire, Paris, Imprimerie Collombon et Brûlé, 1884, pages 4 et 8.
  • En guise de conclusion

Le parcours de Juidice est exceptionnel, non seulement en raison de sa blessure, mais également parce que la presse de toute la France a suivi son parcours avec beaucoup d’assiduité pendant quelques années, avec des exagérations qui rappellent l’importance de recouper ses informations.

Il est surprenant de constater qu’aucun détail n’est caché au lecteur : les clichés sont proposés sans censure ni avertissement. Sur celui montrant la blessure juste après le combat, on observe facilement le bas du visage ravagé. On note également la mention des blessés de la face venant des forces de l’ordre. Les « gueules cassées » n’existent pas que depuis la Première Guerre mondiale !

  • Pour en savoir plus sur les combats du 29 février 1908 :
  • Remerciements

À Thibaut Vallé pour ses recherches généalogiques sur Marius et son frère.

  • Sources :

Archives de la grande chancellerie de la Légion d’honneur

Si son dossier n’est pas encore numérisé, on trouve le décret ici :
GCLH2023004-13 : Promotions (grands officiers, commandeurs, officiers) et nominations du premier semestre 1908, vue 36/48.

Archives ANOM :

FR ANOM 1 RM 106 : fiche matricule de Juidice Marcel Dominique, classe 1905, matricule 1854 au bureau de recrutement d’Alger.

État civil de Blida, naissance pour l’année 1885, acte n° 14.

État civil de Philippeville, naissance pour l’année 1889, acte n° 165.

Archives départementales des Bouches-du-Rhône :

1 R 1039 : fiche matricule de Juidice Louis Victor Dominique, classe 1879, matricule 1021 au bureau de recrutement de Marseille.
https://www.archives13.fr/ark:/40700/vta24c65ee4f85fc5cb/daoloc/0/1

Archives départementales du Rhône :

1 RP 1134 : fiche matricule de Juidice Justin Marius, classe 1909, matricule 435 au bureau de recrutement de Lyon.

201 E 4249 : état civil de la commune de Marseille, naissance 1859, acte 666 page 112.

2 E 2976 : état civil de la commune de Lyon, 3earrondissement, naissance 1912, acte 1116, vue 80/109.
http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ark:/18811/788f19ef3f89a414d20fd3366aca12e6

2 E 3733 : état civil de la commune de Lyon, 4earrondissement, mariage 1939, acte 24.
https://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ark://89ce89da9d8a488bd41b84da9a973ff2

Sources imprimées :

Gallica :

Articles de presse divers :

D’autres références sont données dans les notes de fin d’article.

La Vie illustrée n° 541, 26 février 1909, page 349.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51269277b/f11.item

Armée & Marine n° 100, 5 mars 1909, page 70.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57253603/f6.image

L’Aurore n°3787, 6 mars 1908, page 2.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k740648n/f2.item

La Liberté n° 15311, 14 avril 1908, page 2
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4796320m/f2.item

Le Tell, 18 avril 1908. Légion d’honneur.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5036416x/f2.item.r=Giudice.zoom

Le Petit Marseillais, 27 avril 1908.
https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/27-avril-1908/437/1593553/1?from=%2Fsearch%23allTerms%3D%2522cavalier%2520Juidice%2522%26sort%3Dscore%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D1%26searchIn%3Dall%26total%3D21&index=0

Le Journal n°5694, 3 mai 1908.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76243317

Revue de cavalerie, mai 1908, page 248.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65351642/f252.item

La Gazette vosgienne, supplément illustré paraissant le dimanche n°24, 14 juin 1908.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k972113v/f1.item

Le Petit Guelma, 22 octobre 1910. Mariage
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5067242v/f2.item.r=Jiudice

Le Tell, 14 janvier 1939. Course hippique « frères Juidice »
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5057814b/f4.item.r=Juidice$.zoom


Retour aux parcours de mobilisés

  1. L’article ayant amené à cette recherche est partagé entre La Vie illustrée et la revue Armée et Marine : textes et illustrations sont identiques dans les deux. Ce n’est pas une surprise, les deux publications partagent les mêmes bureaux.
    La Vie illustrée n° 541, 26 février 1909, page 349.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51269277b/f11.item
    Armée & Marine n° 100, 5 mars 1909, page 70.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57253603/f6.image ↩︎
  2. Acte de naissance n° 2761, Alger 1908. Vue 1865.
    http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=ALGERIE&registre=38049 ↩︎
  3. L’écho d’Alger, 15 janvier 1938, page 5/8.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75860228/f5.item ↩︎
  4. Carrière du Moulouya : https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?t=43170&sid=c8b005a0fa2416dd893863c2fe0b0cc7 ↩︎
  5. AZAN Paul, Le combat des Rfakha, près Casablanca (29 février 1908) pp. 32-37. ↩︎
  6. Chasseurs du 3e Régiment de Chasseurs d’Afrique, ordonnance du capitaine Azan. Il accompagne tout au long de la journée son officier. ↩︎
  7. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6710953d/f2.item ↩︎
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5585526x/f10.item ↩︎
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t534312c/f4.item ↩︎
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76516382/f1.item ↩︎
  11. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k20467601 ↩︎
  12. AZAN Paul. Souvenirs de Casablanca, p. 405. ↩︎
  13. Un article identique en tous points à l’exception de l’illustration est publié dans le même journal le 9 septembre 1909, page 2. ↩︎
  14. Le Journal du 21 janvier 1910, page 4/8. ↩︎
  15. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k51774333/f2.item ↩︎
  16. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2576414/f5.item ↩︎
  17. ANONYME, Le 5ème régiment de chasseurs d’Afrique 1887-1963, sans date, page 3. ↩︎
  18. Le Courrier de la Rochelle, 21 mai 1908, page 1/4. ↩︎
  19. Delalain Charles, vers 1872. Album de photographies sur papier albuminé, représentant des blessés de la guerre de 1870 avant et après restauration de la face. Accessible sur le site : https://numerabilis.u-pariscite.fr/ ↩︎
  20. Ces deux ouvrages sont du dentiste qui réalisa le masque qui permit à ce blessé de retrouver une vie acceptable, de se marier et avoir une fille. Joseph Moreau, né le 4 avril 1848 à Favril dans le Nord est décédé le 26 septembre 1918 à Marbaux dans le Nord.
    DELALAIN Charles , L’homme à la tête de cire : Moreau Joseph…, Bavay, Imprimerie Nestor Jauglet, 1877, 28 pages.
    https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?90960x545x20
    DELALAIN Charles, Dentier et figure artificiels appliqués à l’artilleur Moreau, dit l’Homme à la tête de cire, Paris, Imprimerie Collombon et Brûlé, 1884, 16 pages.
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9751836k ↩︎

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *