Marcel Nilles avait une carrière trop courte avant 1914 pour être déjà célèbre. S’il est dans la liste des champions de France fin 1919, c’est parce qu’il a réussi à accumuler assez de combats pour s’emparer du titre en battant le détenteur, Albert Lurie, peu avant l’article.

Commencée en 1913, sa carrière est balbutiante en 1914, ce qui fait qu’il est peu suivi par la presse en comparaison d’autres champions. On mentionne que tout va bien pour lui ainsi que son affectation et ses matchs au cours du conflit. Il fait toutefois forte impression, ce qui fait écrire à un journaliste du Sporting : « Nilles est un homme à surveiller après la guerre, il peut faire très bien » le 6 mars 1918.
De la classe 1914, il est appelé le 11 septembre au 147e RI. C’est certainement pour lui la première étape de ses obligations militaires car il n’a pas dû faire son recensement (sa fiche matricule est vide de nombreuses informations) et ne s’est pas présenté au conseil de révision ce qui a conduit à son classement « Bon absent ».
Sa fiche matricule est peu précise : elle n’indique pas la date de son envoi en renfort. Toutefois, il est probable que son parcours ait été le suivant. Des jeunes recrues de la classe 1914 sont envoyées au 147e RI qui arrivent le 13 novembre à Florent où le régiment est au repos. Sur les 403 hommes, 300 sont de jeunes recrues dont probablement Marcel Nilles. Ils sont envoyés progressivement au front. Pour le 17 novembre 1914, le JMO indique « les recrues arrivées pendant le repos à Florent reçoivent dans la journée le baptême du feu ».
La journée coûte 7 tués, 16 blessés et 1 disparu. Parmi les 16 blessés, il y a Marcel Nilles, touché par éclat de bombe à la face. Il a donc été au front moins d’une semaine.
Sa blessure est plus grave qu’il n’y paraît. Après ses soins, il est de retour à une date inconnue au dépôt du 147e RI à Saint-Nazaire. Il est classé dans le service auxiliaire le 22 septembre 1915 par la commission de réforme de Saint-Nazaire pour otite traumatique gauche avec perforation du tympan. Il repasse devant des commissions de réforme à plusieurs reprises. Son état de santé n’est plus compatible avec l’envoi en unité combattante : il a perdu 15% de son audition à droite et 30% à gauche, ce dernier côté étant sujet à des otites suppurées et une lésion labyrinthique. Il est alors détaché dans une entreprise à partir du 14 avril 1916. Il y est maintenu jusqu’à sa démobilisation le 17 avril 1919.
Cette affectation dans une usine fut probablement un facilitateur pour sa reprise des gants dans des combats professionnels. Il en fait 6 en 1918, obtenant 5 victoires et un nul, ce qui lui vaut le commentaire du journaliste sportif déjà cité.

Son premier combat une fois rendu à la vie civile est celui contre Albert Lurie qui lui permet de conquérir le titre des Poids lourds. Il le cède en 1923 à Georges Carpentier. Ensuite sa carrière décline. Il perd 28 de ses 40 derniers combats. Il met fin à sa carrière en 1934 et il décède en 1956.
- Sources Nilles
Sa carrière pugilistique : https://boxerlist.com/boxer/marcel-nilles/14567
Archives de Paris
D4R1 1805 : fiche matricule de Nilles Marcel Joseph Michel, classe 1914, matricule 2597 au bureau de recrutement de Seine 3e bureau.
Gallica :
Portrait en 1919 : Agence Meurisse MEU 72206-75265
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90320638
Portrait en 1920 : Agence ROL, Rol, 62234
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53044796w
Service Historique de la Défense :
SHD GR 26 N 695/11 : JMO du 147e RI
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