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Ercole Joseph Balzac, dit « Billy Balzac », poids moyen

Rechercher des informations sur ce boxeur poids moyen confronte à une difficulté : Balzac est un nom qui renvoie plus vers l’auteur que vers le boxeur. De plus, il utilisa très peu ses prénoms mais plutôt son pseudonyme « Billy ».

Ce boxeur, né en 1891, commence sa carrière en novembre 1912 mais elle est interrompue par la guerre. Ayant été mis en sursis de 1912 à 1914, Billy n’a jamais été sous l’uniforme. Il est donc appelé à l’activité le 11 août 1914. Il est affecté au 130e RI mais passe à la 4e Section d’Infirmiers Militaires (SIM) le 4 janvier 1915, pour peu de temps. Dès le 26 février 1915, il est de retour dans un régiment d’infanterie, le 124e, et finalement, c’est au 69e RI qu’il arrive le 15 juin 1915. À aucun moment il ne quitte l’arrière. Il est évacué vers une structure médicale, est rétabli en août 1915 et rejoint le dépôt du 69e RI en septembre.

En mars 1916, il est affecté dans l’aviation au 1er Groupe d’aviation. Il arrive à l’école de Tours le 19 mai 1916 où il obtient son brevet de pilote le 18 septembre.

Sporting, 01/03/1916 : à gauche, élève au 1er Groupe d’aviation. Il est à gauche.
Sporting, 11/10/1916 : à droite, désormais pilote, avant son envoi au front.

Il est envoyé à l’école de Châteauroux le 26 septembre 1916. Il devient caporal le 2 octobre suivant. Fin octobre 1916, il est envoyé dans la zone des Armées, d’abord dans la Réserve générale d’aviation comme convoyeur (25 décembre 1916).

Le 18 avril 1917, il rejoint le service aéronautique de la 5e Armée et il y est promu sergent le 25. Il est affecté à l’Escadrille C 64 le 23 mai 1917 équipée de Caudron G 6. L’escadrille est alors à Bouleuse, dans la Marne. Il y reste jusqu’à la fin septembre 1917 date où il passe à l’escadrille SP 69. Il est rapidement envoyé en Italie et obtient dans cette escadrille une première victoire le 1er janvier 1918, mais elle n’est pas homologuée.

L’escadrille rentre en France en avril 1918. Il passe adjudant le 1er mai 1918. Entre les deux, il obtient sa première victoire homologuée qui lui vaut la Légion d’honneur et la Médaille militaire :

« Inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur et de la Médaille militaire pour prendre rang au 10 avril 1918 : « Pilote de chasse de premier ordre, modèle de bravoure, d’énergie et d’ardeur au combat, a attaqué à faible altitude un champs d’aviation ennemi, incendiant un appareil, mitraillant les hangars et les tentes, semant la panique dans le camp. Quelques jours après, a attaqué un biplace allemand dans ses lignes et après un dut combat, l’a contraint à atterrir désemparé ». »

Le 25 juin, il obtient sa seconde victoire qui lui vaut une citation à l’ordre de l’armée le 20 août 1918 :

« Pilote de chasse de valeur qui s’est fait remarquer par son courage, son audace, son ardeur au combat. Le 25 juin 1918 a attaqué un biplace ennemi et l’a poursuivi jusqu’à 800 mètres d’altitude et 8 kilomètres dans les lignes, a réussi à l’abattre (deuxième victoire remportée par ce pilote) ».

On arrive à quatre avions détruits comme il s’en vante dans la presse, proposant de faire la course aux victoires avec Carpentier. Mais il inclut l’avion détruit au sol et l’avion en Italie, deux victoires non homologuées.

Sur la photographie ci-dessus, on distingue sa Légion d’honneur à gauche, sa Croix de guerre avec une étoile et une palme et ce qui doit être la médaille d’argent de la vaillance militaire décernée par l’Italie. Sur son épaulette, on perçoit l’insigne de son escadrille.

Il est blessé le 25 août 1918 et évacué. Une fois remis, il ne retourne pas à son escadrille. Il est envoyé à l’école de Chartres le 10 décembre 1918 à son retour de convalescence.

Il est démobilisé le 30 avril 1919. Il peut reprendre sa carrière qu’il va mener en parallèle avec ses activités d’aviateur militaire. Il réussit à remporter le titre de champion de France de 1919 à 1922 et le titre de champion d’Europe en 1920-1921.

Toutefois, ses gants n’ont jamais été remisés réellement pendant le conflit. Contrairement à d’autres boxeurs, il peut pratiquer son sport, participer à plusieurs combats d’exhibition et même faire sept combats considérés comme comptant pour sa carrière professionnelle. Il enchaîne d’ailleurs quatre combats début août 1918, peu avant son accident. Six de ces combats sont des matchs nuls.

Sans chercher à être exhaustif, Il combat de en septembre 1916 contre le champion du Nord Pivert-Saint-Didier. Il s’investit dans une opération en faveur du Foyer des Blessé au Trocadéro fin novembre 1916. Le 4 novembre 1917, il est Dijon pour affronter l’Américain Bob Scanlon dans une exhibition. Il obtient une permission fin janvier 1918 alors que son escadrille est en Italie pour combattre à nouveau Bob Scanlon, mais dans un match professionnel. Ses quatre matchs d’août 1918, il les fait pendant une permission de détente.

On le voit, il réussit à obtenir des permissions à partir du moment où il entra dans l’aéronautique. Il les optimisa pour faire des combats, à moins qu’il ait réussi à les obtenir pour combattre. Il rata au moins un combat fin novembre 1917, son escadrille devant partir en urgence vers l’Italie. Il est tout de même étonnant qu’il put faire autant de combats, avec les risques de blessures et de KO pour un pilote de chasse si difficile à former.

Sa notoriété liée à son statut d’aviateur lui permit de se sortir d’une suspension de trois mois en octobre 1922. Elle prit fin le 11 novembre suivant car les instances sportives justifièrent qu’« il a aussi été pendant la guerre un valeureux combattant ».

Après 1922, sa carrière décline progressivement jusqu’en 1927 et il y met fin par un combat gagné en 1929. Il est décédé le 18 septembre 1973.

Sources :

Sa carrière pugilistique : https://boxerlist.com/boxer/ercole-de-balzac/58743

Gallica :

Photographie en 1912 : Rol, 20019
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531140848

Photographie en 1914 : Rol, 36286
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6928587j

Photographie devant un avion en 1916 : Sporting, 13 juillet 1916.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72284395/f7.item

Photographie en avril 1918 : Agence Meurisse MEU 66562-72205
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9031300g

Archives de Paris :

D4R1 1625 : fiche matricule de Balzac Arcole Joseph, classe 1911, matricule 5230 au bureau de recrutement de Seine

Son dossier pour la Légion d’honneur n’a pas été trouvé en ligne.

Service Historique de la Défense :

SHD 2 A 156/1 : Carnet de comptabilité en campagne de l’aéronautique militaire, escadrille 64, 4e trimestre 1917.
SHD 2 A 161/1 à 4 : Carnets de comptabilité en campagne de l’aéronautique militaire, escadrille 69 (1917-1918).

Site d’Albin Denis sur l’aviation dans la Grande Guerre :
http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille069.htm


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