On en parle souvent, du « tir ami ». L’admettre est difficile. Ce n’est pas nouveau pourtant. La littérature et le cinéma regorgent d’exemples. L’actualité aussi.
Déjà pendant la Première Guerre mondiale. On pense souvent aux tirs de l’artillerie trop courts, mais ce pouvait être aussi le fait de fantassins.
- Relève
24 décembre 1916. La 36e DI relève la 43 DI dans la Somme, non loin d’Hardonnières. La 71e brigade prend le contrôle du sous-secteur est. Le 34e RI relève le 3e BCP au quartier D ; le 49e RI relève le 149e RI au quartier C.
- Mission au poste d’écoute
Nuit du 25 au 26 décembre 1916, un groupe de 4 hommes du 34e RI doit aller à un poste d’écoute dans le no man’s land. Mais le sergent Sarrabeyroux et les soldats Morlaës, Seguin et Boucher ne reviennent pas et sont déclarés manquants.
La nuit suivante, une patrouille du 34e RI part à la recherche des égarés. Ils ne retrouvent que le sergent Sarrabeyroux, face aux tranchées du 49e RI. Touché au ventre, il est mort sur place ; aucune trace des trois autres soldats. L’hypothèse est que, égarés, les hommes n’ont pas trouvé le poste d’écoute et se sont retrouvés dans le secteur du 49e RI. Les sentinelles ont tiré.

Le corps du sergent est ramené. Mais qu’est-il advenu des trois autres hommes ? On peut supposer que, faisant demi-tour car se croyant sous le feu allemand, ils se soient en fait dirigés vers les lignes ennemies. Ce n’est qu’une hypothèse. Aucune indication de leur retour dans les lignes françaises ; aucune fiche de Mort pour la France ; aucune indication dans l’historique. D’ailleurs cet historique, bien que très complet sur les pertes, a oublié le sergent Sarrabeyroux (né en 1896, classe 1912, engagé à 16 ans ?).

- En guise de conclusion
La réaction du supérieur, le commandant de brigade, ne se fait pas attendre : dès qu’il apprend la probable tragique méprise qu’il est le seul à évoquer clairement, il interdit les missions dans le no man’s land « avant de connaître le terrain ».
- Sources :
Service Historique de la Défense, Vincennes :
JMO du 3e BCP pour les cartes ayant permis la réalisation de celle qui est présentée ici.
JMO du 34e RI.
JMO de la 71e brigade d’infanterie, pages 81 et 82.
JMO de la 36e DI page 15.
Le JMO du 49e RI ne mentionne pas le fait.
